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  • : 17/02/2007
  • : Un jour, Vance, medium raté, a eu une véritable expérience surnaturelle. De ce jour, il a décidé de parler de lui, de ses aventures et de ses passions pour le cinéma et les Littératures de l'Imaginaire...
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Vendredi 23 mai 2008

publié dans : Tous les films par Vance

Toxic Affair

 

Un film de Philomène Esposito (1993) avec Isabelle Adjani, Clémentine Célarié

 

Résumé Cinémovies : Après s'être fait larguer par Georges, Pénélope décide de se désintoxiquer de cet amour gâché et part au hasard des rencontres. C'est ainsi qu'entre deux séances chez son psy, elle fait la connaissance de plusieurs personnes bonnes ou mauvaises, folles ou non, réalisant peu à peu qu'après tout son cas n'est pas si grave que ça.

 

NB. Il s’agit de ma toute première critique écrite, datant d’un stage sur le cinéma. Je viens de la retrouver et vous la livre telle quelle. Merci de votre indulgence.

 

Il n’est pas toujours évident de dresser, à chaud, un listing exhaustif des reproches ou critiques qu’on aimerait donner à un film alors que, quand on est certain d’avoir aimé (quand la magie du cinéma vous accompagne jusque sous la douche réparatrice, comme un halo de flou), on sent facilement les bonnes choses à dire… sans pour autant les expliquer. Les bons moments reviennent à toute vitesse à notre mémoire, se pressent, se bousculent : on aimerait les saisir pour mieux les revivre, les faire partager aux autres.

 

Ces moments-là, pour être remémorés, doivent véhiculer un quelque chose de féerique, ou de plastiquement sublime, d’émouvant, de troublant. Or, le bilan de Toxic Affair m’apparaît assez plat, du moins dans ce domaine. En fait, seul le dernier quart d’heure a éveillé en moi, spectateur attentif, un quelconque intérêt. C’est peu pour faire un bon film. Reste à trouver pourquoi il en est ainsi.

 

Mais attention ! En tant que spectateur, je suis loin d’être innocent dans cette critique négative : je dirais que je suis coupable indirect. Car ce film, le second de Philomène Esposito, est tout de même sorti au Festival de Cannes, estampillé « Hors compétition » : les critiques ont plu [du verbe « pleuvoir »]. J’étais donc dans la salle avec en tête les commentaires de journalistes allant de « décevant » à « médiocre », voire « ridicule ». Pas de quoi allécher, sauf pour les accros de la contradiction.

 

C’est qu’ensuite, l’histoire ne rassure pas. On attendait Adjani parce qu’elle avait été absente depuis longtemps et puis, parce qu’elle est Adjani tout de même : son image véhicule tant de personnages qui, finalement, se ressemblent assez. Elle est qualifiée de grande actrice, d’excellente comédienne. Sans doute… sans doute sait-elle à la perfection s’exprimer à l’écran. Après tout, de Possession à Camille Claudel, ses rôles semblent avoir été écrits pour elle. Ce que d’autres actrices refusent de faire, ou interprètent avec un rien de gaucherie ou un zeste de préciosité, elle le joue avec naturel et ostentation. L’hystérie ne lui fait pas peur : c’est devenu sa marque de fabrique. Elle est l’archétype de l’émotion-plus-que-vraie.

En plus, elle est belle.

 

Si bien qu’on assiste à ce qui semble être un contrat signé depuis longtemps entre deux complices femmes : la réalisatrice-scénariste et son interprète. Ca aurait pu s’appeler I.A. par P.E. tant l’actrice apparaît à l’écran : si on dressait les statistiques comme au tennis, le pourcentage de plans « adjaniesques » serait dément. Trop, c’est trop tout de même.

 

C’est donc un film retraçant la tranche de vie (ou de non-vie ?) d’une femme délaissée par un jeune homme exaspéré – il y a de quoi. Elle est l’exemple parfait de l’hypocondriaque moderne : on dit « spasmophile » aujourd’hui, mais cela signifie toujours quelque part « symptôme du mal de vivre, du mal à être ». Elle s’appelle Pénélope mais ne semble rien attendre : celui qui partageait sa vie la quitte (« Je ne peux plus te rendre heureux ! ») et elle s’effondre. Normal, pour une ado. Oui, mais elle n’en est plus une ! Vaguement mannequin (de quoi ?), elle voudrait écrire, mais n’y arrive pas. Elle lui parle de « créer », mais elle n’est capable de rien sauf d’engendrer l’ennui, l’exaspération, l’impatience chez ses proches : un psy indifférent (Fabrice Luchini), une amie patiente et courageuse (Clémentine Célarié) et son amant  bout de tout (Hyppolyte Girardot). Que des seconds rôles : fugaces et étouffés par Isabelle Adjani. Leur sens du jeu de comédien les sauve du statut de figurant, surtout elle, Clémentine Célarié, qui joue une Sophie déterministe, généreuse, qu’on sent déborder de vie… si l’autre suicidaire ne venait lui rappeler ce que la vie peut avoir de triste, parfois.

 

Résumons-nous : Pénélope se sent délaissée, elle avoue souffrir, se plaint, geint, trépigne, pleure, sanglote pendant les ¾ du film. Nous, spectateurs, nous jouons la carte de la patience : il y a forcément quelque chose, après ! Et on attend.

 

Pénélope passe son mal sur les autres : on les plaint. Qui sera capable de l’arrêter ? On aimerait la secouer, lui dire de faire quelque chose de sa vie. Elle dit qu’elle veut écrire : l’exemple même d’une fausse activité, qui ne cache que l’incompétence. D’ailleurs, on ne la voit jamais taper à la machine. Une seule séquence nous la montre en train de commencer (ou de poursuivre) une ébauche manuscrite ; manque de pot, elle n’exprime qu’un désir sexuel qui n’a rien de profond. Les papiers froissés qui encombrent son bureau n’apparaissent même pas convaincants, ils ne font que traduire une incapacité à produire, à construire.

 

Un personnage en déliquescence, en lambeaux d’elle-même ; l’idée du suicide ne lui semble être, au départ, qu’une opportunité… mais l’aventure est trop risquée. Quoique… « Vivre pour qui ? », nous demande-t-elle. Ou : « pour quoi ? »

 

Sophie, par opposition, a un but dans sa vie : elle nous le montre dans tous les détails d’une prédiction de voyante. A tel endroit, tel jour, telle heure, elle rencontrera l’homme de sa vie. Pénélope, à côté, ne pense qu’à sauter… dans l’eau. Elle se rate, en plus. Dommage, ça aurait fait une belle fin, dans le style « inéluctabilité d’un destin pourri » - un peu ce qui sauvait 37°2 le matin du désastre.

 

La magie, celle paradoxale d’une histoire d’amour programmée, n’apparaît qu’à la fin : enfin, elle se résout à faire quelque chose. Oui, mais c’est pour Sophie qu’elle s’exécute, en voulant qu’elle rencontre celui qui la sauva du marasme. Il l’a rencontrée, s’est montré chevaleresque et prévenant, n’a pas couché dans son lit quand il aurait pu : tout le contraire du portrait inique qu’elle tirait des hommes au début.

 

On en sort perplexe. Que vient faire cette histoire chez le pharmacien ? Quel intérêt sinon celui de la faire errer jusqu’au bar où elle rencontre l’homme de la vie future de Sophie ? Absence probante de scénario cohérent.

 

C’est peut-être, alors, un film d’atmosphère : c’est vrai que le mal de vivre (à Paris) nous est projeté en pleine figure, mais quel spectateur peut-il être dupe du personnage de Pénélope ? On se prend de sympathie, au contraire, pour Sophie qui a pourtant un bien mince personnage. Adjani a tout de l’artifice. Le film semble hésiter entre un huis clos intimiste et un portrait de la bourgeoisie post-moderne. On connaît des réalisateurs qui nous auraient servi une œuvre noire et glauque fondée sur le désespoir et le manque, avec un parti pris esthétique prononcé. On n’a pas, ici, un fond concret : sans Adjani, le film n’existait pas. Avec elle, il a au moins le mérite d’exister – même s’il est impropre à la consommation.

 

Un film de cinéma doit apporter au spectateur une part de rêve, d’émotion, de frisson. Il doit accrocher celui-ci sur un train l’amenant à vivre quelques moments intenses. J’ai failli quitter au bout d’une demi-heure de pleurs et de gémissements à l’écran, sans qu’aucun dialogue de ne soit venu m’accrocher. Je m’admire un peu. Et la fin ne parvient pas à sauver le reste.

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Mercredi 21 mai 2008

publié dans : Tous les films par TWIN

Bubba Ho-Tep ·····

Ecrit et réalisé par Don Coscarelli (2002)

D’après Joe R. Lansdale

Musique de Brian Tyler

MGM – Zone 1

 

Elvis Presley, toujours vivant mais résidant dans une maison de retraite est désormais bien vieux. Avec un ami qui croit être John Fitzgerald Kennedy, il va devoir affronter une momie qui vole les âmes des pensionnaires. (Source : Wikipedia)

 

Voilà un O.F.N.I. dont, en ces temps maussades, il est difficile de ne pas tomber amoureux. L'objet de toutes ces attentions, c'est donc Bubba Ho-Tep de Don Coscarelli, l’auteur de l’agréable série Phantasm. Resté longtemps inédit en France, ce film montre un Elvis âgé dans une maison de retraite du sud des Etats-Unis faisant équipe avec un JFK noir contre une momie bouseuse venue aspirer les âmes des pensionnaires.

Mais plus qu'un film d'horreur simplement marrant, porté par un Bruce Campbell déchaîné en Elvis (son meilleur rôle depuis Army of darkness) et un Ossie Davis aussi sobre que décalé en JFK black (un très grand acteur, récemment décédé), Bubba Ho-Tep  propose un regard tendre et amer sur la vieillesse à travers le portrait que fait Campbell de son personnage. Ainsi, le premier tiers du film voit Elvis maugréer, cloué dans son lit, dégoûté par la façon dont il est traité, déçu par ses remords et ses rancoeurs, sans concession face à sa vie passée...

De cette façon, il règne une poésie désenchantée absolument admirable dans cette œuvre qui parsème avec justesse et une grande bonté cette aventure complètement folle. Et ce n'est pas tous les jours qu'un film va se focaliser sur deux personnes âgées en fauteuil roulant et en déambulateur... On notera également la beauté de la photo, à la fois chaude et moite, et le score, grandiose, qui n’en sort plus de la tête après le visionnage du film.

Pour l'anecdote, Bubba Ho-Tep, fait de bric et de broc, porté par ses quelques effets spéciaux à l'ancienne, a coûté un demi million de dollars... C'est un pur film indépendant mais, comme le souligne Campbell dans les bonus, fait avec du talent et de la conviction, et tourné sans distributeur. C'est grâce à son efficace site web, à sa communication (notamment le lobbying auprès de Harry Knowles, grand manitou du fameux Ain’t it cool news) et ses tournées récompensées dans de nombreux festivals, que le film a trouvé son écho. Il a pu ainsi être distribué en salles, en tout cas aux USA et en Angleterre, puis plus tard dans d’autres pays, comme la France et la Suisse.

Une oeuvre sans pareille, douce, amère, drôle, délirante. Le mélange improbable de tellement de genres complètement jouissifs. On peut parler de chef-d'oeuvre, il en a la saveur : de film culte.

 

L’image du DVD respecte le grain de pellicule original. Le rendu, très bruité, parfois volontairement mal défini, contribue, avec ses couleurs chaudes et brûlantes, à l’atmosphère moite, voire « sale » et fauchée de l’œuvre.

Le mixage 5.1 est purement décoiffant ! La piste se veut très riche en effets et retranscrit parfaitement la sublime partition de Brian Tyler. L’ouverture, la dynamique globale et les basses sont telles que ce DVD peut sans hésiter être considéré comme l’une des réalisations les plus réussies de bande sonore en Dolby Digital.

 

Large contenu éditorial mais aucun sous-titre sur les bonus de ce DVD Zone 1.

Commentaire audio complice entre Don Coscarelli et Bruce Campbell, indispensable car drôle, riche en détails et anecdotes de tournage, et très précis notamment sur les tournées de promotion qui ont fait connaître le film. Commentaire audio du « King », furieusement hilarant et pondu par un Bruce Campbell déchaîné, qui pêche néanmoins un peu sur la longueur.

Lecture d’extraits du roman par son auteur, Joe R. Landsdale : c’est à la fois un bonheur de phrasé pour les oreilles et un excellent moyen de se rendre compte de la qualité initiale de cet écrit.

Plusieurs scènes coupées sans grand intérêt et qu’on ne regrettera pas, commentées par Coscarelli et Campbell.

Monstrueux making-of de 50’ qui couvre tous les aspects de la production (préparation, tournage, maquillages, effets spéciaux, costumes, musique, etc.) et ce sans aucune langue de bois.

Clip vidéo, galerie de photos, bandes annonces et spots TV complètent le programme.

Le packaging présente un sur-étui joliment gaufré, ainsi qu’un sympathique livret de 12 pages dont les textes sont signés Coscarelli et Campbell.

 

> Voir aussi le billet de Vance sur le même sujet.

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