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  • : Journal de Vance
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  • : 17/02/2007
  • : Un jour, Vance, medium raté, a eu une véritable expérience surnaturelle. De ce jour, il a décidé de parler de lui, de ses aventures et de ses passions pour le cinéma et les Littératures de l'Imaginaire...
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Jeudi 31 mai 2007

publié dans : Littératures par Vance

Une curiosité de Mark Z. Danielewski Ó Denoël 2002

 

maison-des-feuilles.jpgIl y a quelque temps, j'ai lu un véritable ovni littéraire, que j'ai adoré au début mais qui m'a laissé un peu sur ma faim : c'était la Maison des Feuilles de Mark Z. Danielewski, sorte de roman déconstruit racontant entre autres une histoire de maison étrange dans laquelle l'intérieur est beaucoup plus grand que l'extérieur et dont l'exploration va révéler des dangers insoupçonnés... Ce fut à ce point une véritable « expérience » qu’elle m’a poussé à fréquenter quelques forums plus ou moins spécialisés afin d’en savoir davantage sur le texte en lui-même et sur les lecteurs qui seraient parvenus au bout de l’aventure. Car lire cette œuvre est un parcours du combattant qu'il est malaisé de mener à son terme tant la structure et la mise en page laissent penser à un rassemblement de commentaires sur un livre déjà annoté par ailleurs ; on passe son temps à tourner les pages pour aller des annexes – placées comme il se doit en fin de volume, comme dans le Seigneur des Anneaux par exemple - à un autre chapitre avant de reprendre la lecture, puis à retourner aux notes de fins de chapitres... A d'autres moments, on doit retourner le livre pour lire verticalement, la typographie changeant selon l'auteur présumé...

 

Johnny Errand, jeune Californien désenchanté, tombe en possession d’un curieux manuscrit, composé de centaines de feuillets disparates rédigés par un certain Zampano, vieillard énigmatique et presque aveugle. Dès les premières lectures, il s’aperçoit qu’il s’agit en fait d’un essai plusieurs fois annoté sur un film intitulé le Navidson Record, sorte de reportage personnel réalisé par Will Navidson lui-même, le reporter lauréat du prix Pulitzer. Dans ce film, le photographe enregistre son installation dans une maison en Virginie avec sa famille, des moments sans histoire jusqu’à ce qu’on s’aperçoive de l’évidence : une pièce est apparue, qui n’existait pas auparavant. Mieux : les dimensions intérieures sont supérieures aux dimensions extérieures ! Navidson décide donc d’explorer ce qui s’avère bientôt être un couloir, puis une galerie. L’horreur commence alors…

Intrigué, Johnny décide de réorganiser les feuillets et de les compléter, tâche qui influera directement sur son mental déjà bien fragile. Et les visions morbides s’empareront de son quotidien…

 

maison-des-feuilles-03.jpgOn a donc entre les mains un texte racontant le film, annoté par Zampano qui y a ajouté nombre de citations, sur-annoté par Johnny lui-même, et complété par des annexes dont certaines concernent la personnalité ou le passé de Johnny. Bien entendu, chaque lecture montre progressivement combien le texte de base rend fou celui qui entreprend d’y travailler.

 

Au début, j'ai eu du mal, puis ensuite on découvre la véritable trame sous-jacente (celle qui est évoquée en 4e de couverture) et on essaie d'aller au devant de cette gageure, en parallèle avec celle qui est progressivement dévoilée, celle de l’intérieur-externe de cette maison cauchemardesque. Le problème vient surtout de toutes les annotations et des ruptures dans le récit lorsque le premier auteur reprend la parole.


Ce n'est pas un livre dont on peut se taper un bout de chapitre chaque soir avant le dodo, parce que chaque fois, on est obligé de revenir 10 pages en arrière pour le reprendre. Il est éprouvant, parfois malsain, souvent fascinant, évoque la psychanalyse, surfe sur le spleen romantique avant de plonger dans l’horreur métaphysique : si les errances et les visions hallucinées du narrateur peinent à nous toucher, si les notes du précédent propriétaire du livre semblent énigmatiques, la narration adroite concernant le film de Davidson parvient à distiller quelques moments de pure angoisse, voire d’effroi.

 

maison-des-feuilles-04.jpgAu final, je suis content d’être allé au bout, d’avoir satisfait une saine curiosité face à l’accroche qui m’avait poussé à acquérir le livre. En même temps, un peu déçu car on a quand même l’impression de ne pas avoir concrétisé tout ce qui était promis. De la frustration donc, mais pas de ressentiment vis-à-vis de l’auteur qui a su nous duper, nous manipuler avec compétence et un brin de vice, procédant par coups, augmentant l’attente en se servant de l’Internet comme les producteurs de Blair Witch ont su le faire pour faire de leur film l’un des plus rentables de tous les temps. La Maison des feuilles est un roman remarquable, pratiquement abouti et particulièrement séduisant, qui parvient à transformer l’acte de lecture en expérience multi-dimensionnelle. Sur le plan de l’épouvante, il est intéressant mais manque de substance, délayant la peur viscérale (atavique) qui hante les profondeurs de cette maison à la géométrie non-euclidienne chère à Lovecraft par des atermoiements et des digressions intellectuelles parfois trop lourdes à digérer. On pourrait se contenter de ne lire que le Navidson Record, ce qui ferait du livre un roman à géométrie variable, mais ôterait tant de matière littéraire !

 

Un ouvrage que tout amateur d’étrange se doit d’entamer.


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Vendredi 25 mai 2007

publié dans : Littératures par Vance

Marvel Universe #2 : Annihilation (2/4)

 

marvel-universe-02.jpgAnnihilation : Silver Surfer #1 & 2 + Annihilation : Super Skrull (4 épisodes)

 

Annihilation : jour J+17. Sur les vestiges de Xandar, le Surfer tombe sur une troupe de commandos travaillant pour Annihilus, chargés de traquer Gabriel Air-Walker, un ancien héraut de Galactus. Le Surfer, en lui prêtant main forte, devra se rendre à l’évidence : ils sont terriblement dangereux et ne paraissent pas le craindre, au contraire. En outre, ils sont ouvertement attirés par la puissance cosmique qu’il dégage. Il cherchera alors à se replier, le temps de trouver du renfort.

Annihilation : jour J+41. La Vague d’Annihilation a investi l’empire skrull. La planète Aks’Lo va ainsi connaître la puissance de cette arme destructrice qu’est la Moissonneuse des Lamentations, sous l’œil atterré du Super Skrull. Ce dernier, piqué au vif, et désireux d’empêcher que ce fléau n’atteigne Zarag’zna où vit son unique fils, va se rebeller, avant de se rendre à l’évidence : il lui faut se créer une armée. Pour cela, il va demander de l’aide à Red Richards, des Fantastiques, afin qu’il lui permette d’accéer dans la Zone négative…

 

Perplexe. Le premier volume m’avait enthousiasmé et ouvrait des perspectives alléchantes en proposant, au travers de la destruction d’un univers, une description originale de certains de ses occupants les plus emblématiques. Il y avait une réelle ambition cosmique, une initiative (je me répète, je sais) finalement assez proche des grandes séries de SF qui ont resurgi dans nos rayons préférés depuis Hypérion de Dan Simmons – je pense aux œuvres de Peter F. Hamilton. Un drame qui se joue à une telle échelle, c’est aussi envoûtant que vertigineux – mais très casse-gueule aussi.

 

Or donc, dès les premières planches de la série Silver Surfer, je me suis senti floué : où donc était passée cette dynamique céleste qui nous plongeait si aisément dans les nébuleuses galactiques sur les traces de la horde d’Annihilus ? Avec les dessins austères de Renato Arlem, rappelant souvent, mais en moins bien, les poses caractéristiques que Big John Buscema conférait à ses personnages, on se noie sous des flots de paroles inintéressantes et on regarde d’un œil distrait les déflagrations d’énergie dont le Surfer use et abuse pour se sortir du pétrin où il s’est fourré. C’est pourtant toujours Giffen au scénario, alors pourquoi est-ce que cela ne fonctionne plus ? On n’évite l’ennui que parce que l’urgence est toujours là, que les ennemis ont ce côté implacable qui plaît tant et que Galactus lui-même se retrouve impliqué. Diantre ! Je ne m’explique cette baisse de qualité (tout à fait subjective) que parce que le Surfer n’y apparaît que comme un personnage banal, dépourvu de cette noblesse et de cette grandeur d’âme qui ont entretenu son mythe depuis sa création par Stan Lee, et qui ont fasciné des générations d’artistes (même Moebius !).

 

Parallèlement, la série Super-Skrull amorce un virage intéressant : on est plus proche de la série annexe, donc moins ambitieuse, mais cohérente. Suis pas vraiment fan des crayonnés de Gregory Titus, mais ils confèrent un rythme de bon aloi à des épisodes trépidants et osés, le guerrier métamorphe ne reculant devant aucun expédient pour obtenir ses informations (torture ou mutilations). S’ensuivent des situations déjà vues, mais habilement menées, des dialogues sympathiques et cette sensation bizarre de se persuader d’une certaine grandeur chez le Super-Skrull, cette aura qui manque tant au Silver Surfer. Il faut avouer qu’il est fascinant à suivre. La fin, trop hollywoodienne pour être honnête, achève cependant de laisser un goût définitivement amer, davantage en raison des espérances nourries par le premier volume que de la qualité intrinsèque de celui-ci. Le scénariste, fraîchement débauché de chez Lost, aura réussi son passage au monde du comics.

Attendons la suite, avec la coalition des hérauts de Galactus contre la Vague d’Annihilation – et peut-être l’intervention du Dévoreur de Planètes lui-même !


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