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  • : 17/02/2007
  • : Un jour, Vance, medium raté, a eu une véritable expérience surnaturelle. De ce jour, il a décidé de parler de lui, de ses aventures et de ses passions pour le cinéma et les Littératures de l'Imaginaire...
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Lundi 8 octobre 2007

publié dans : Prophéties par Vance

Il s'avance enfin, le dernier âge prédit par la Sibylle : je vois éclore un grand ordre de siècles renaissants. Déjà la vierge Astrée revient sur la terre, et avec elle le règne de Saturne ; déjà descend des cieux une nouvelle race de mortels. Souris, chaste Lucine, à cet enfant naissant ; avec lui d'abord cessera l'âge de fer, et à la face du monde entier s'élèvera l'âge d'or : déjà règne ton Apollon.

VIRGILE, IVe Eglogue, trad. Nisard

 

J’aime bien ce texte, surtout pour son interprétation par certains des scholastiques médiévaux, un peu trop enthousiastes, qui y virent une prophétie annonçant le retour du Messie. Dédicacée à Pollion, ancien partisan de César qui se rattacha ensuite à Octave (le futur Auguste, celui-là même dont beaucoup de chroniqueurs estimaient qu’il fit régner un nouvel Age d’Or en faisant cesser les guerres civiles consécutives aux événements des Ides de Mars), l’Eglogue est extraite des Bucoliques, sans doute l’œuvre de Virgile la moins accessible et daterait probablement de 40 avant notre ère. On y trouve ici la première mention de la Sibylle de Cumes, cette prophétesse présentant de nombreuses connivences avec la Pythie de Delphes et qui, plus tard dans l’œuvre, devait guider Enée dans sa descente aux Enfers. Cette Sibylle est un personnage singulier, qui s’est illustrée par une anecdote plaisante, plus ou moins légendaire : au VIe  siècle avant J.-C., elle se serait présentée à Tarquin, dernier des Sept Grands Rois de Rome, afin de lui présenter les Textes Sibyllins, des prophéties rédigées en grec sur des feuilles de palmier et tenant sur 9 volumes. Le prix exigé étant trop élevé, Tarquin refusa. La Sibylle jeta donc trois volumes au feu et réitéra son offre. Devant un second refus, elle brûla trois autres volumes. Intrigué par l’attitude de la prophétesse, Tarquin accepta finalement d’acheter les trois derniers, qui furent alors entreposés dans une arche, elle-même placée dans la crypte du temple de Jupiter Capitolin, et sous bonne garde. Seul le Sénat pouvait autoriser leur consultation, et uniquement en cas de mauvais augures. Ils devaient disparaître dans l’incendie du temple en 83 avant notre ère.

 

Le mystérieux « enfant » à venir, peut-être simplement celui d’Asinius Pollion lui-même, a suscité bien des controverses, de même que la mention de l’Age d’Or dont vous pouvez trouver une intéressante étude sur le blog de Ramiel (c’est d’ailleurs suite à son article que j’ai recherché cette prophétie dans mes cartons). Poussés sans doute par la montée de mouvements millénaristes, nombreux furent les docteurs de la Foi chrétienne qui y virent une allusion directe au retour de Jésus, voire des consonances manifestes avec des prophéties bibliques comme celles d’Isaïe (11, 1) :

Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines.

 

Ce qui me fait penser qu’il existait une sibylle hébraïque dont je ne sais rien, mais qui a sans doute rapproché encore les genres. En revanche, il est à peu près certain que de nombreux  termes font directement référence à la Grande Année, ce cycle cosmique (d’environ 24000 ans) voyant les constellations reprendre la même place dans le ciel et se calculant sur la base de la précession des équinoxes (notions connues depuis bien longtemps). Ce cycle immuable avait suscité une doctrine dite de l’Eternel Retour, les événements se répétant forcément après un certain temps. La Roue du Temps de (feu) Robert Jordan en offre une intéressante version romancée. N’en déplaise aux exégètes médiévaux, la Sibylle par le biais de Virgile ne fait que rappeler l’épisode mythologique où Astrée, horrifiée par les crimes des hommes durant le cruel Age de Fer régi par Mars, préféra quitter la Terre et prendre place au ciel parmi les constellations ; elle est censée revenir lorsque Saturne réinstaurera à nouveau l’Age d’Or.

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Lundi 10 septembre 2007

publié dans : Prophéties par Vance
Mais l’Ancien Testament et les prophètes n’ont pas le monopole de l’illumination, non plus que l’Apocalypse de Jean : l’un des premiers développements du thème du Faux Prophète se trouve ici, dans cette Deuxième Epître aux Thessaloniciens où l’apôtre s’évertue à rappeler à ce peuple certains des préceptes dont il avait discouru auparavant, lors de sa première venue parmi eux alors qu’il avait tenté de prêcher l’Evangile.

 

En ce qui concerne l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères,

de ne pas vous laisser ébranler facilement dans vos sentiments, ni alarmer, soit par quelque esprit, soit par quelque parole ou lettre supposées venir de nous, comme si le jour du Seigneur était imminent.

Que personne ne vous égare d'aucune manière; car auparavant viendra l'apostasie, et se manifestera l'homme de péché, le fils de la perdition,

l'adversaire qui s'élève contre tout ce qui est appelé Dieu ou honoré d'un culte, jusqu'à s'asseoir dans le sanctuaire de Dieu, et à se présenter comme s'il était Dieu.

Paul, IIe Epître aux Thessaloniciens, ch. 2, 1-4

(version Abbé Crampon)

 

Paul a vécu dans la première moitié du premier siècle. Il entend ici remettre ces nouveaux Chrétiens sur la voie de la raison, eux qui déjà avaient mal interprété certains signes avant-coureur et s’apprêtaient à entrer dans le Jour du Seigneur – alors qu’on les avait trompés, allant jusqu’à créer une fausse Lettre de Paul ! Il rappelle alors ce qui précèdera véritablement l’Epiphanie et qu’on retrouve dans le texte plus enflammé et symboliquement détaillé de l’Apocalypse – dont certaines des visions reprennent celles du prophète Daniel. Mais surtout il donne des précisions sur la Bête qui fera régner l’iniquité : il s’agit d’un homme, qui porte en lui le péché à son paroxysme.

C’est sur ces bases que certains des Pères de l’Eglise, d’Irénée (fin du IIe siècle) à Augustin (début du Ve siècle), vont consacrer des traités spécifiques au thème du Faux Prophète, l’Imposteur qui égarera les hommes par ses miracles et règnera sur la Terre, se faisant passer pour le Fils de Dieu. Grégoire le Grand (fin du VIe siècle) en dressera même un portrait saisissant et plus radical, l’assimilant carrément à la réincarnation terrestre de Satan.

Vers 950 que l’abbé Adson reprendra certains de ces thèmes dans une biographie restée célèbre ; il donnera à l’Homme Impie le nom d’Antéchrist, mot qu’on trouve pourtant déjà dans la Première Epître de Jean.


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