Avril se termine et la cuvée fut bonne, voire excellente, tant au cinéma que sur petit écran. De bonnes surprises en confirmations, les revisionnages ont en tout cas bonifié les premières impressions. Le DVD et le Blu-Ray ont donc un grand avenir et prouvent que certains films ont besoin de temps et de recul pour être appréciés à leur juste valeur. Quant à d’autres, ils sont si réussis qu’on a presque peur qu’ils nous déçoivent ensuite.
Film Du Mois d’Avril : Excalibur
Découvertes /(Re)découvertes :
A bord du Darjeeling Limited (ciné) 9.5/10
Blue Velvet (DVD) 8/10
Angles d'attaque (ciné) 8/10
the Eye (ciné) 7/10
Sheitan (DVD) 1/10
Sleepers (DVD) 8/10
Sans arme ni haine ni violence
(ciné) 7/10
Films
revus :
Mulholland Drive (DVD) 9.5/10
Impitoyable (TV) 8.5/10
le Château ambulant (DVD) 9.5/10
Equilibrium (DVD) 9/10
Excalibur (DVD) 10/10
le Nom de la Rose(DVD) 10/10
Matrix (DVD) 9.5/10
Matrix reloaded (DVD) 8/10
Matrix Revolutions (DVD) 8/10
Avis :
Sleepers de Barry Levinson, un film assez brillant, élégant, subtil, avec une interprétation au cordeau mais qui laisse un arrière-goût malsain ; derrière cette histoire d'amitié qui aurait pu être racontée par Stephen King, il y a tout de même la justification de plusieurs meurtres. A méditer.
Angles d'attaque : film calibré reposant sur un concept habile - quoique vite limité : le Président des USA se fait tirer dessus et on reverra la scène 8 fois suivant 8 protagonistes différents, donc 8 angles de vue - et sur quelques têtes d'affiche, il étonne par son rythme nerveux, sa mise en scène hargneuse (jolie course-poursuite dans les rues de Salamanque à la façon des films de la trilogie Bourne) et ses petits happenings non dévoilés par la bande-annonce (pour une fois, elle envoie même sur des fausses-pistes). Bref, très bonne surprise pour une œuvre parfaitement bien produite malgré une fin attendue et quelques facilités.
le Nom de la Rose d'Annaud : toujours un bonheur. La caméra s'attache aux personnages et, entre la placidité classieuse d'un Sean Connery, le regard perpétuellement stupéfait de
Christian Slater et l'hallucinante prestation de Ron Perlman (qui n'est pas doublé en VF), on en oublie presque les enjeux fondamentaux d'un film remarquable sur la fin de l'innocence et les
prémisses d'un humanisme salvateur.
Sheitan : des jeunes de banlieue vont passer la nuit de Noël à la campagne, invités par une fille rencontrée en boîte.
Ca ne fait pas peur, ça n'est pas beau, ça ne passionne pas : malgré un usage intéressant de la caméra et un montage nerveux, aucun plaisir ne ressort de ce spectacle vulgaire et prétentieux, souvent niais à tendance voyeuriste. Et ça n'est ni gore, ni drôle.
Berk, quoi.
Excalibur : les miracles existent au cinéma,
ou l'interaction parfaite entre un choix de musiques symphoniques extraordinaires (Roméo & Juliette de Prokofiev, les Funérailles de Siegfried de Wagner, Carmina
Burana de Carl Orff), des images splendides et un scénario intelligent ayant récupéré le meilleur de la légende arthurienne malgré des raccourcis osés. Le film est touché par la grâce et la
majesté liées à ce mythe. Très peu d'œuvres peuvent prétendre à ce statut. Et l'une des plus belles fins de l'histoire du cinéma.
Magique.
Vu une vingtaine de fois et je frissonne toujours autant lorsque Perceval envoie Excalibur dans le lac.
Equilibrium : je ne me lasse pas de revoir ce film dense, parfaitement équilibré et ayant l'intelligence de s'en tenir strictement à son sujet malgré les risques de dérive. L'efficacité des prises de vues et la rationalisation des décors et des effets spéciaux achèvent d'en faire une réussite totale : chaque vision m’en persuade un peu plus. Certaines petites choses me gênaient au départ, comme ce sujet directement issu de Farenheit 451 mais s'orientant davantage vers l'action que vers la réflexion. Mais une seconde vision m'avait persuadé qu'en fait tout se tenait, qu'il y avait une économie de moyens extraordinaire qui profitait à la cohérence de l'intrigue : ni l'apparente pauvreté des véhicules, ni la sévérité des décors, ni la limitation des effets n'étaient dus au hasard. Rien à ajouter ou à enlever.
Et Christian Bale, quelle classe.
Matrix : malgré des répliques connues par cœur, ça reste un film assez jubilatoire, bien équilibré et malin. Les dialogues courts font souvent mouche, les ellipses et formules allusives y sont légion mais contribuent à renforcer l'intrigue sans verser dans un mysticisme trop ésotérique. Impossible de s'y ennuyer.
Sans arme ni haine ni violence de J-P Rouve : une interview d'Albert Spaggiari alors en cavale en Amérique du Sud permet de retracer le destin de cet homme hors du commun. Reconstitution étonnante, cadrage serré et transitions soignées (je suis fan de l'écran splitté à la façon du générique des Arnaqueurs) pour un sujet qui, finalement, n'a rien d'emballant. L'histoire est centrée sur la personnalité déroutante de l'auteur du casse du siècle, un individu falot en mal de reconnaissance. Le déroulement et la chute se voient venir de loin et ça manque sérieusement de rythme. Bel essai tout de même, Rouve aime le cinéma et ça aide.


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