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  • : 17/02/2007
  • : Un jour, Vance, medium raté, a eu une véritable expérience surnaturelle. De ce jour, il a décidé de parler de lui, de ses aventures et de ses passions pour le cinéma et les Littératures de l'Imaginaire...
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Mardi 19 février 2008

publié dans : Dossiers secrets par Vance

Benjamin Gates à la poursuite du Trésor des Templiers n’est que l’avatar des nombreuses tentatives de synthétiser, en un amalgame souvent maladroit mais ô combien romantique, l’attrait que nous procure la pensée des richesses mirifiques qui se sont succédées à différents moments et en différents endroits de notre Histoire. Car, s’il n’est absolument pas certain que l’Ordre du Temple ait disposé d’une telle accumulation d’orfèvrerie et d’objets sacrés à la valeur incalculable, il est de fait que son statut, son train de vie et les facilités financières dont il disposait, faisant des Blancs Manteaux les banquiers des princes (les rois de France et d’Angleterre étaient de leurs débiteurs), suscitait passions et polémiques. En outre, sa façon de mêler mysticisme et goût du secret ne pouvait que laisser planer le doute sur ses ressources : et s’il avait mis la main sur les grands trésors perdus de l’Antiquité ? Cela expliquerait, aisément, la manière dont il pouvait faire pression sur les monarques européens, monnayer des droits et franchises et conserver une liberté presque totale dans la gestion de ses biens.

A partir des années 1960, des pseudo-chercheurs, souvent anciens journalistes, avides de sensations et épris d’occulte, parfois vrais passionnés, ont repris à leur compte certaines des hypothèses qui avaient en leur temps fait des Templiers un Ordre si profondément séduisant, tant sur le plan historique qu’ésotérique. On a vu fleurir des récits, quelquefois fort bien écrits, sur les éventuels liens entre Templiers et Cathares, Templiers et Assassins, Templiers et Francs-Maçons, les uns ayant engendré ou inspiré les autres. Le Da Vinci Code n’est que le dernier en date des textes surfant sur la vague. Et puis, la richesse des Templiers, cette abondance qui a précipité leur perte, tant elle gênait les puissants ! D’où provenait-elle ? Certes, les biens et terres cédés par les chevaliers en route pour Jérusalem pouvaient en justifier une partie, mais n’était-il pas plus fascinant de penser qu’ils aient pu se rendre maître des plus grands trésors de l’Humanité (judéo-chrétienne) ? Et ces trésors, quels sont-ils d’abord ?

Le premier et le plus célèbre, le plus saint de toute la Terre, est très certainement le Trésor du Temple de Jérusalem. Sémantiquement, son association avec l’Ordre du Temple est évidente, en revanche, sur un plan historique, on ne voit guère comment il aurait pu échouer entre les mains des comptables templiers plus de 2000 ans avant la fondation par Salomon du Temple chargé de recueillir en son sein l’Arche d’Alliance. Or, les cinéphiles savent déjà que cette dernière ne faisait pas partie du patrimoine templier : c’est en Egypte qu’Indiana Jones l’a dénichée. A moins que, plus sérieusement, comme on le verra, certains lieux significatifs, certains faits volontairement passés sous silence permettent de rêver à cette éventualité : quelque part, en France sans doute, sous une commanderie, dans la crypte d’une petite église du Sud-Ouest, au fond d’une grotte ne s’ouvrant qu’une fois l’an, enseveli sous un ancien château-fort au milieu de tombeaux inviolés ou encore scellé sous une statue, se trouveraient les plus formidables pièces archéologiques dont nous puissions rêver, des monceaux d’or et de joaillerie, des secrets qui mettraient à mal notre propre connaissance du monde. Pourquoi pas ?

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Samedi 28 avril 2007

publié dans : Dossiers secrets par Vance

Chinatown, épicerie Au petit Kwang-Tong, l’après-midi  

 

Au fait, rendez-vous compte : c’est la première fois que l’équipe est au complet depuis le Sanctuaire. Vous comprendrez que j’avais envie que, cette fois, les choses se passent en douceur. Disons, moins chaotique, plus cool, quoi. J’ai de ce fait dû prendre sur moi et cesser de me mettre en avant – d’aucuns diront qu’il était temps que je réagisse ainsi…  

 

La boutique, donc. Elle a tout de la carte postale, ou de l’imagerie d’Hollywood : petite, étroite, encombrée et embrumée. Des zones d’ombre partout, dissimulant on ne sait quoi alors que nos regards accrochent les circonvolutions de statuettes en vrai faux ivoire, les reflets de flacons ternis par les ans et renfermant des potions inidentifiables, les taches de couleurs de soieries complètement kitsch. Des odeurs difficilement identifiables, et pourtant je m’y connais un brin sur les encens et autres saletés olfactives sensées mettre un médium en transes. Wang-Shu, si c’est bien de lui qu’il s’agit, nous reçoit avec aménité : souriant et plein d’énergie, il semble prêt à nous vendre l’intégralité de ses épices et onguents exotiques. Mais Drew n’est pas du genre à faire traîner l’enquête, ni la conversation (pas bavarde, la gonzesse, mais vous commencez à vous en faire une idée, pas vrai ?) : « Que savez-vous de Shu-Mai ? » 

Bigre : elle a mis le doigt là où ça fait mal. Notre épicier change complètement d’attitude, son visage parcheminé affecte une gravité qu’il n’avait pas auparavant. Il ne répond pas tout de suite, hésite longuement, dit quelques mots dans une autre langue avant de se mettre à parler  sur un ton doctrinal : « Shu-Mai. La Tentatrice. C ’est ainsi qu’on l’appelle. » Nous sommes pendus à ses lèvres. « C’est une entité, un mythe chinois. La Tentatrice , lorsqu’elle a choisi sa victime, cherche d’abord à la rassurer, avant de la… posséder. »  

 

Ah d’accord. C’est le moment, vous savez, comme dans les séries TV, où les héros se regardent, avec un mélange d’angoisse et d’incrédulité, mais aussi une connivence qui justifie les millions de dollars investis dans le casting. On se regarde, donc (quoique, pour la connivence, on repassera : ils se méfient toujours autant de moi). Là-dessus, notre Chinois nous demande doucement la permission de se retirer dans l’arrière-boutique : il semble soudain las, bien qu'il garde les sourcils froncés. Drew n’y voit aucun inconvénient, mais je lui demande s’il a besoin que je l’accompagne. C’est que, sur le coup, je ne le sens pas trop ce bonhomme. D’ailleurs, il refuse tout net. « Bon, OK mon vieux ! » que je lui fais. Il s’en va donc et passe derrière le rideau, traînant curieusement des pieds : sa démarche non plus ne correspond guère à ce vendeur sautillant de tout à l’heure. 

Quelque chose comme une vague sonnette d’alarme résonne dans les tréfonds de mon cerveau. Comme un spider sense (sans rire !). J’en ai des frissons. Mais je ne sais pas quoi faire : ma dernière intuition a entraîné un fiasco cuisant. 

Je jette alors un œil à Grey (lui ou un autre, mais c’est lui que j’ai choisi, encore cet instinct qui m’a pourtant joué de sales tours). Il percute aussitôt et s’engage à la suite du petit homme ; il écarte le rideau, fait un pas et s’arrête, comme pétrifié. Il ne bouge plus, n’émet aucun son. Je suis le plus proche : je passe derrière le comptoir en bois, le saisit par un bras et le tire violemment en arrière. Et là, je déglutis : devant moi, bloquant complètement le passage vers une arrière-boutique plongée dans la pénombre, légèrement (mais pas suffisamment) masquée par les vapeurs fuligineuses des bâtonnets d’encens disséminés un peu partout, une créature grotesque et difforme nous fait face. 


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