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  • : 17/02/2007
  • : Un jour, Vance, medium raté, a eu une véritable expérience surnaturelle. De ce jour, il a décidé de parler de lui, de ses aventures et de ses passions pour le cinéma et les Littératures de l'Imaginaire...
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Lundi 19 février 2007

publié dans : Comics par Vance

X-Men Hors-Série #27

Un album vendu en kiosques 5,50€ et contenant les 6 histoires de la mini-série « Son of M » de David Hine, formant une saga complète.   

Pietro Maximoff, fils de Magneto, connu auparavant sous le nom de Vif-Argent, n’est plus qu’une épave. Comme bon nombre de ses confrères mutants, il ne supporte plus le fait d’avoir perdu ses pouvoirs à l’issue de l’épisode House of M. Renié par son père qui lui reproche d’avoir fait pression sur sa sœur Wanda, il erre désormais dans un monde auquel il ne veut pas appartenir, loin de sa fille, élevée chez les Inhumains.

 Très bonne surprise que cet album au rythme lent, qui s’apprécie sur la durée grâce à un scénario habile quoique un peu confus par moments et à des situations intéressantes : on est loin des bagarres homériques de jadis où chacun faisait étalage de sa puissance. La phrase fatidique de la Sorcière Rouge a fait de la grande majorité des mutants des humains « normaux », qui n’ont plus que le souvenir de leurs pouvoirs. Certains s’en accommodent et se félicitent de pouvoir enfin s’intégrer. D’autres, comme Vif-Argent, se sentent rabaissés, limités, avilis.   

 

Passée une première approche où Pietro se retrouve face à quelques anciennes connaissances qui lui font passer le goût du pain et le placent devant ses responsabilités, on se retrouve vite en territoire inhumain, à Attilan, et là, le sombre projet d’un Pietro prêt à tout, fascinant par son côté ange déchu mais étonnant de noirceur, commence à se mettre en place. Un projet dément, qui va impliquer toute la caste des Inhumains, Crystal en tête, particulièrement vindicative, mais aussi les 4 Fantastiques, le gouvernement US et les survivants de Genosha. Et la fin nous présente ce qui aura sans aucun doute de terribles répercussions sur le monde mutant par la suite.  

Ce qui se présentait comme un album de transition s’avère être une saga percutante, un peu perverse, bien plus sombre que la moyenne des productions Marvel. De très beaux dessins de Roy Allan Martinez (plus axés sur les portraits en gros plans que sur les combats en vue générale) servis par un encrage refusant les couleurs flashy ancrent un peu plus la série dans un contexte « adulte », dans un découpage très classique. Les dialogues auraient mérité un peu plus de punch afin de mieux correspondre aux expressions faciales plutôt riches. Les vieux lecteurs de Marvel en français peuvent être déstabilisés par les nouvelles traductions (il me semble que ces brumes « terrigènes » se nommaient avant « tératogènes » : c’est à dire « créatrices de monstres ») et le nouveau look des Inhumains – très réussi selon moi.  

Les couvertures de John Watson, qui accentuent le côté inquiétant de l’intrigue, sont un régal. 


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Samedi 17 février 2007

publié dans : Comics par Vance

L’intégrale du comic book, par Mark Waid et Alex Ross, ãSemic Books.

Imaginez une Terre et ses habitants hantés par des mythes, des héros déifiés qui se sont retirés et ont, volontairement ou non, laissé la place à d’autres : Superman, Batman, Wonder Woman et consorts n’occupent plus le devant de la scène. Mais ceux qui ont pris leur place, s’ils détiennent des pouvoirs étonnants, ne les utilisent pas avec le respect et le sens du devoir dont faisaient preuve leurs aînés.

C’est sur cette Terre-là qu’un homme, héritant des visions d’un illuminé, et réinterprétant les versets de l’Apocalypse, va assister au retour des anciens héros, désireux d’affronter la réalité, de reprendre en mains la destinée du monde et d’éradiquer le mal à sa source, quitte à user des moyens qu’ils récusaient par le passé. Seulement, le remède peut s’avérer pire que le mal et c’est face à leurs responsabilités que se jaugent les vrais héros : malgré tout le pouvoir que Superman a en lui, il sera amené à conclure qu’il ne peut pas résoudre à lui-seul tous les problèmes. Comment pourra-t-il supporter cette révélation ?

Ce récit est une somme qui, dès sa parution, par son ambition et la qualité de ses artistes, est venue directement se placer aux côtés des chefs-d’œuvre d’Alan Moore (1) au panthéon des comics. Ambitieux, bien qu’inégal dans son développement, moins complexe que les Watchmen tout en surfant sur les mêmes principes, aussi respectueux des personnages que le monumental Crisis on Infinite Earths (2) qui avait en son temps redéfini l’univers DC, Kingdom Come est la chronique d’un échec annoncé et baigne ainsi, à l’instar des référents suscités, dans un pessimisme de bon aloi, se plaçant en porte-à-faux avec les idéaux personnifiés par ces héros créés il y a plus de 50 ans. Aujourd’hui, un personnage aux caractéristiques de Superman n’a d’intérêt que lorsqu’une faille est décelée : il est sinon trop lisse, trop prévisible pour conférer de l’intérêt aux histoires dont il est le protagoniste. Lors, à partir du moment où vous acceptez de le voir descendu de son piédestal, brisé dans sa fierté et son assurance non pas par l’entremise d’un engin de mort, d’un piège à kryptonite ou encore de la magie, mais bien par l’incapacité d’assumer les choix qu’il a dû faire, le scénario devient d’un seul coup plus riche en possibilités.

Mais Kingdom Come, ce n’est pas seulement la tentative de héros utopistes de recréer un monde à l’image de ce qu’ils désiraient en faire, mais c’est aussi une galerie de portraits bien connus, avec toute la nostalgie qu’ils inspirent. Et ce Batman cynique, usé mais encore terriblement efficace, a beaucoup en commun avec celui qui nous avait ébloui dans Dark Knight returns, à croire qu’il est des critères qui ne peuvent se redéfinir ad libitum.

D’autant que c’est Alex Ross qui est aux pinceaux. Dès lors, on passera volontiers sur le manque de lisibilité des scènes de confrontations massives où les héros se distinguent mal des vilains (et il y en a !) : la technique de l’artiste a tendance à homogénéiser les formes, on est loin de la précision méticuleuse de George Pérez qui pouvait nous relater des batailles homériques avec les Avengers où la JLA dans les moindres détails. De même, l’ensemble donne l’impression d’un feuilleton assez lent, alors même que le script est bouillonnant : c’est que Ross peint ses héros, et les dépeint dans des poses hiératiques rendant chaque case digne d’une couverture, voire d’une affiche.

En revanche, quel bonheur que ces gros plans sur un Superman au menton carré, aux traits volontaires et au regard perdu. Certains des modèles utilisés sont reconnaissables et cet hyperréalisme donne plus de punch aux dialogues abordant souvent des thèmes profonds (responsabilité – encore ! -, sens du sacrifice, du devoir, loyauté, reconnaissance, solidarité…). Et la Wonder Woman qui nous est présentée a un charme fou, que ce soit dans une tenue proche de celle qui l’a rendue célèbre, ou en guerrière vengeresse en armure : loin des canons présidant encore trop souvent aux proportions idéales des héroïnes, la belle est dotée d’une silhouette ostensiblement féminine et d’un visage fascinant.

Bref, une œuvre déjà classique et incontournable.   

 


 (1) : dont les Watchmen, V for Vendetta, From Hell

(2) : de 1985, écrit par Marv Wolfman et dessiné par George Pérez 

 

 

 

 

 

 


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