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  • : Journal de Vance
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  • : 17/02/2007
  • : Un jour, Vance, medium raté, a eu une véritable expérience surnaturelle. De ce jour, il a décidé de parler de lui, de ses aventures et de ses passions pour le cinéma et les Littératures de l'Imaginaire...
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Lundi 9 juin 2008

publié dans : Tous les films par Vance

le Nom de la Rose

Un film de Jean-Jacques Annaud (1986) avec Sean Connery (Guillaume de Baskerville), Christian Slater (Adso) et Valentina Vargas (la paysanne)

 

Résumé CommeauCinéma : Nous sommes en l'an 1327, et le moine franciscain Guillaume de Baskerville part enquêter dans une abbaye bénédictine où des morts horribles et mystérieuses frappent la confrérie. Il est accompagné de son jeune novice, Adso, qui va en profiter pour apprendre énormément de choses aux côtés d'un homme de science tel que Guillaume…

Un film magistral, élégant et intriguant qui séduit par son intelligence formelle et son sujet. Jean-Jacques Annaud a signé un chef-d’œuvre authentique adapté d’un roman dense et subtil ( d’Umberto Eco) grâce à des scénaristes expérimentés tels Gérard Brach et Andrew Birkin. Il fallait bien cela pour s’atteler à un monument littéraire – le genre de défi qui ne pouvait que stimuler Annaud. Cinq ans de préparation tout de même, avec de très nombreux comédiens envisagés pour les différents rôles.

Et le résultat est parlant.

Le film en lui-même est ancré dans le mystère médiéval, en ces sombres années annonciatrices de la Guerre de Cent Ans (le règne de Philippe le Bel s’est achevé après le retentissant procès des Templiers) où pourtant perce l’espoir d’un monde meilleur, plus ouvert sur les cultures et moins replié sur des pratiques obscurantistes : le Grand Inquisiteur Bernardo Gui (interprété par un F. Murray Abraham inquiétant) est un personnage historique, connu pour avoir soumis à la Question près de 900 personnes (au moins 42 n’y ayant pas survécu). A son image, l’atmosphère est savamment entretenue, à l’aune d’une Europe plongée dans les tourments du doute après l’échec manifeste des Croisades (la Neuvième ayant eu lieu en 1272 et Saint-Jean d’Acre étant tombée en 1291). L’éclairage des séquences est à l’image du contexte : ciel chargé, lumière incidente, brumes du soir et brouillard du matin, et tous ces plans en intérieur éclairés par des torches fumeuses et des chandelles tremblotantes. De même, Annaud a tenu à renforcer le caractère sinistre de ce lieu pourtant dédié au travail et à la prière : les figurants ont été expressément choisis pour leur « gueule » et on a plutôt l’impression d’assister au défilé des pensionnaires d’un asile tant les traits frisent le grotesque (voir la fin d’Amadeus où Salieri se proclame prince des médiocres). Quant aux décors liés à cet étrange monastère perché dans les hauteurs alpines, ils imposent leur angoissante présence aux misérables protagonistes de cette histoire : lorsque les moines évoquent le Malin qui rôderait dans les couloirs perpétuellement plongés dans la pénombre, il est aisé d’y croire. A l’évidence, dès l’arrivée de Guillaume et de son novice sur les lieux, on aurait tendance à les croire, comme l’exprime Adso, « abandonnés de Dieu ». Troublante affirmation, pour un monastère…

La caméra s'attache pourtant aux personnages et, entre la placidité classieuse d'un Sean Connery (qui y trouve peut-être son meilleur rôle), le regard perpétuellement stupéfait de Christian Slater et l'hallucinante prestation de Ron Perlman (qui n'est pas doublé en VF), on en oublie presque les enjeux fondamentaux d'une œuvre remarquable sur la fin de l'innocence et les prémisses d'un humanisme salvateur.

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Dimanche 8 juin 2008

publié dans : Tous les films par Vance
 Ben-Hur

Un film de William Wyler (1959) avec Charlton Heston, Stephen Boyd et Jack Hawkins

 

Résumé : Judah Ben Hur, fils d'une noble famille juive se bat pour obtenir la liberté de son peuple. Il se heurte à l'hostilité de Messala, un jeune tribun dont il était pourtant l’ami d’enfance, qui fait emprisonner toute sa famille et condamne Ben Hur aux galères. Pendant trois ans, il ne va survivre à cet enfer qu'en gardant un espoir de vengeance envers Messala...

 

Présentation : Voilà une fresque épique qu’on ne présente plus, qui a fait tant couler d’encre que chacun pense en connaître les tenants et aboutissants : premier remake (du film éponyme de 1925) à avoir obtenu un Oscar, premier film à en avoir aligné onze (sur douze nominations) dont deux prix d’interprétation – ce que ni Titanic, ni le Retour du Roi n’ont pu égaler malgré autant d’Oscars glanés, premier film à avoir été tourné avec les nouvelles caméras 65 mm MGM à piste magnétique quadriphonique (procédé qui fit long feu car les salles s’étaient déjà ruinées dans l’investissement pour des films en 70 mm avec pistes stéréophoniques). Tout le monde a également plus ou moins entendu parler des fausses rumeurs et des légendes (oui, Charlton Heston a bien essayé de conduire un char mais s’est retrouvé éjecté ; non, Audrey Hepburn ne fait pas partie des figurants ; oui, la galère romaine était incapable de naviguer ; non, il n’y a eu aucun mort sur le tournage de la course de chars, qui a tout de même duré cinq semaines et nécessité l’installation d’une infirmerie spécifique ; et, oui, l’un des acquéreurs d’un char au cours d’une vente aux enchères s’est fait arrêter sur l’autoroute alors qu’il le conduisait. Quant au sous-texte à connotation gay, c’est à Gore Vidal, script doctor pertinent et appelé à la rescousse par un William Wyler sceptique, qu’on le doit : afin de renforcer la haine farouche qui opposeront Judah et Messala, il fallait bien davantage que des considérations politiques. Les deux hommes ayant grandi ensemble, il était tout à fait possible qu’ils aient été amants. Ce à quoi feu Heston a opposé un déni formel : normal, Wyler avait accepté les propositions de Vidal à condition que son acteur vedette n’en soit pas tenu informé…

Au-delà des anecdotes croustillantes, le film emporte l’adhésion par sa vision monumentale d’un monde romain sur le point de subir les coups de boutoir d’une nouvelle religion apportant l’espoir aux peuples opprimés, aux sans-grade, à tous ceux qui ne sont pas considérés comme citoyens de droit. Le sous-titre de la première version est formel : A tale of the Christ. Judah, témoin impuissant de l’écroulement de toutes ses valeurs et bien qu’appartenant à la caste dirigeante, recevra l’illumination en aidant un inconnu. Hésitant constamment entre son profond désir de vengeance (et donc de vivre pour l’accomplir) et cette voie qui s’offre à lui comme une rédemption, Ben-Hur affrontera des épreuves insoutenables avant de pouvoir regagner sa patrie en homme libre et d’affronter celui qui fut son ami, voire davantage, et qui ruina sa famille, provoquant leur déchéance et leur maladie incurable.

Nanti d’un acteur au charisme indéniable, Wyler, qui avait été sollicité pour un salaire d’un million de dollars (somme considérable pour un réalisateur !) par la MGM, a patiemment étudié la première version, déjà titanesque, avant de mettre en chantier un péplum grandiose, aux décors impressionnants (ces derniers, par crainte qu’ils soient récupérés par des productions italiennes à petit budget, ont été sciemment détruits par les studios) et à la musique idoine – la Roman March de Miklos Rozsa est un des thèmes les plus célèbres de l’histoire du VIIe Art. Malgré sa longueur et une baisse de régime sensible au milieu, toute l’énergie du film semble tendue vers un objectif : l’incroyable course de chars, véritable film dans le film, épopée sublime maintes fois copiée pour sa maîtrise du cadre et de la vitesse et son montage qui fait la part belle aux exploits des cascadeurs et aux trucages des accessoiristes. Ben-Hur, c’est l’épopée ultime au service d’un homme qui se cherche, constamment à cheval entre deux mondes, entre deux peuples, entre deux religions.

communauté : L'imaginaire pour tous
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