Sur une (autre !) suggestion de Denise, je vous propose une sélection des auteurs ou ouvrages qui m'ont marqué et jalonné ma vie. Commençons par le
commencement...
4 livres de mon enfance :
- Jean Maridor, chasseur de V1 : l’un des tout premiers livres non expressément destiné à un public enfantin. L’un des tout premiers que j’ai possédés – j’étais au CE1. Il m’a été offert au début des vacances scolaires par mon maître (comprenez « instituteur ») parce que je l’avais aidé à ranger la bibliothèque d’école. Les vacances, à cette époque, c’était la plaie pour moi : j’adorais l’école… Ca a changé depuis. Je lisais énormément, même si on ne peut pas dire que j’étais en permanence enfermé dans ma chambre. Cet ouvrage m’a accompagné pendant des années, je l’ai lu et relu : l’histoire d’un jeune homme qui rêve de devenir pilote, passe précocement son brevet avant de s’engager dans les Forces Françaises Libres et de participer à la Bataille d’Angleterre à bord des Hurricanes et des Spitfires, et meurt en héros en sauvant de la destruction un hôpital militaire. Après ça, j’ai voulu être pilote. Ce livre, il faut que je le retrouve.
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La série des Fantômette :
ah que j’aimais cette fille ! Intelligente, astucieuse, séduisante, elle me faisait un peu penser à la Princesse Saphir, l’un des premiers animes, où Saphir se fait passer pour un garçon afin de revendiquer le trône.
Fantômette est une héroïne qui a sans doute moins vieilli que le Club des Cinq dont j’ai lu pratiquement la série complète, assis dans le rayon
« livres » du supermarché du coin, pendant que mes parents faisaient les courses.
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La série des Six Compagnons : après avoir fait des ravages dans la Bibliothèque rose, la Bibliothèque verte me tendait les bras. Je
n’avais pas encore 10 ans et je dévorais au moins un roman par jour. Je n’étais pas encore sensible au style mais davantage au vocabulaire : j’aimais les mots, et l’aventure. Les
Six Compagnons m’apparaissaient plus intéressants et m’offraient des perspectives plus larges, tout en s’attachant à mieux décrire le contexte et le paysage environnants. Je me
souviens bien de celui qui se passait au Tour de France, c’était plein de noblesse et de respect. Très bon souvenir.
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Isaac Asimov : déjà ! Je crois que l’initiation s’est faite en deux temps. Un jour mon père m’a proposé de
m’acheter un roman. J’ai choisi la Bibliothèque verte, bien sûr, et plutôt un ouvrage nouveau. Je connaissais trop bien les 6 Compagnons, Michel et
Alice, il me fallait du neuf. Ce fut le Chasseur d’étoiles, un roman pour la jeunesse qu’Asimov avait
écrit sous un pseudo. Ce ne fut pas le coup de foudre, mais cette histoire de science-fiction se passant sur Mars avec des références scientifiques solides m’a ouvert une voie
jamais refermée depuis : celle d’une dimension immense où l’Imaginaire est la seule limite. Second temps : je devais être au CM2 et j’avais épuisé les ressources de ma bibliothèque de
quartier. Ma bibliothécaire préférée (petite pensée pour Denise : tu vois, ce métier est de ceux qu’on
n’oublie pas) est venue me voir et m’a proposé de passer
dans le rayon voisin, cet espace interdit réservé aux
« Adultes & adolescents ». Il s’agissait de faire deux mètres, de contourner une étagère, et c’était pourtant comme lorsqu’on arrive dans un nouveau pays, qu’on sort de l’aéroport
et que le climat, l’atmosphère et les paysages imposent alors leur étrangère évidence. Il y en avait tant ! Des livres partout, épais, denses, et des noms inconnus. La promesse de
plaisirs infinis. Logiquement, j’ai commencé ma quête dans l’ordre alphabétique. A, A, A, ASIMOV : les Cavernes d’acier. Le début d’une passion inextinguible. Bien des années après, j’ai
lu une cinquantaine de ses livres (et en possède dans trois langues) : s’il n’est plus mon auteur préféré (quoique…), il est celui que je n’oublierai jamais. Sa disparition en 1992 m’a
profondément ému, au moins autant que la mort de Salvador Dali.




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