Vance met en vente

Achetez mon produit sur PriceMinister
 Gothic (DVD Zone 2) - Russell Ken - DVD et VHS d'occasion - Achat et vente

 

Gothic
Russell Ken
4,50 €
Voir ma boutique

 

Gothic
dans
DVD & VHS
sur PriceMinister

Couleurs, modus operandi

Après avoir lu les questions et doléances de surfeurs du web qui quémandaient un accès direct à certaines archives, j'ai pensé à réexpliquer ici même le code de couleurs employé. Tout d'abord, il existe deux grandes familles de liens : les liens internes, marqués en bleu sur ce blog, qui renvoient à un article ou une page fixe du Journal de Vance ; les liens externes, marqués en rouge, qui renvoient à un autre site ou blog. Ensuite, en raison de leur collaboration ponctuelle, certains articles sont rédigés dans des couleurs spécifiques, celles de Broots, Jennifer & TWIN.
Et retrouvez la boutique de Vance sur cette page !

par Vance publié dans : Littératures

Recueil de nouvelles de Pierre STOLZE, « Folio SF », Denoël 1999

3 nouvelles assez longues de cet auteur né à Metz qui ne se prive pas de situer ses récits dans notre belle région Lorraine et, plus précisément, dans un secteur compris entre Metz et Thionville.

Ce professeur de Lettres classiques semble faire de la SF pour s’amuser ; en tous cas, dans ces nouvelles, il est évident qu’il prend un plaisir non dissimulé à jouer avec les mots et à étaler avec brio sa grande culture par le biais d’expressions imagées et populaires, de références culturelles et de citations savantes. Ses personnages principaux, narrateurs acerbes et volubiles, apparaissent bien souvent comme des extensions de lui-même et les dialogues sont empreints d’un humour bon enfant et éclairé, malgré la longueur de nombreuses tournures et la richesse d’un vocabulaire encyclopédique, autant de fioritures chargées sur une structure narrative finalement très simple. Pour ainsi dire, la première nouvelle (Elucidation du Gouzipanpan), charmante, est presque comique. 

 

 

Si on adhère à ce style malicieux et un peu bavard, bourré d’aphorismes et d’allitérations, on se prend à suivre avec intérêt les mésaventures des deux déménageurs dans la seconde nouvelle, avec cette association mystérieuse d’intellectuels rappelant, en plus léger, ceux qui président à la naissance du Rosemary’s baby. La dernière, qui donne son titre au recueil, est encore davantage chargée de références et d’hommages (Poe, bien sûr, mais aussi Corneille – le narrateur se nomme Rodrigue et sa fiancée Ximena- ou encore Borges, les fractales, l’ésotérisme). Toutes ont en commun non seulement de trouver comme point d’ancrage géographique les quartiers bourgeois de Thionville, les vieilles rues de Metz et l’inquiétante présence de la centrale nucléaire de Cattenom, mais aussi et comme en parallèle cosmique, certaines constellations comme Cassiopée ou la chevelure de Bérénice, la nébuleuse d’Andromède et l’étoile Aldébaran.

On est moins ici dans la SF pure et dure que dans une sorte de fantastique quotidien, entre Andrevon et Daniel Walther, mais sans aucun caractère inquiétant, sans rechercher les coups de théâtre et révélations finales (les explications, lorsqu’elles sont fournies, sont brumeuses et insatisfaisantes). A la frontière entre le merveilleux (les dragons), la dark fantasy et l’anticipation, avec des préoccupations très actuelles (le nucléaire, bien entendu, mais aussi l’écologie, l’éducation et certaines valeurs galvaudées comme la bienséance) et un goût immodéré pour les mots, Pierre Stolze n’hésite pas à dénicher des synonymes improbables pour en constituer des litanies parfois indigestes, mais proférées avec ô combien de générosité !

Sous le signe de la bonne humeur et des bons mots. 


ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

par Vance publié dans : Dossiers secrets
 

Mardi 12 octobre 1915

 

 

Lucien Modeste, employé dans mon service, est absent sans aucune raison.

 

Je saisis ce prétexte pour aller voir le patron. Ce dernier est effectivement sur les nerfs. Il daigne me renseigner en m'avouant avoir renvoyé mon collègue et me promet un traitement similaire si je persiste. Je ne bronche pas et prends immédiatement congé. Le chef du personnel, travaillant dans un bureau voisin, n'en sait pas plus. Toutefois, ma visite dans ces bureaux donne naissance à une rumeur de licenciement qui contribue à alourdir encore l' ambiance sinistre dans laquelle nous baignons.  

 

J'attends mes compagnons le soir et leur propose d’aller voir Lucien. Ils acceptent. Je connais son adresse. C'est un petit appartement strict, en banlieue. Personne ne répond à nos appels. Pris d’une soudaine intuition, j'essaie d’entrer : la porte n'est pas verrouillée.  

 

C'est dans la salle de séjour que nous retrouvons Modeste : il s'est pendu. Le Pendu, l’Arcane XII du Tarot de Marseille, celle qui représente le Grand Œuvre des alchimistes. En cartomancie, elle signifie un blocage ou un sacrifice… 

 

 

 

Ce petit séjour dans le passé commence bien.

 

 

 

 

Le commissaire Lino désire nous interroger au poste. Il semble extrêmement méfiant. Nos réactions, notre attitude en général ne lassent pas de l’inquiéter. Il n’a pas tort je dois dire : on s’est peut-être conduits comme l’auraient fait d’authentiques détectives de série US, mais ce n’était ni le lieu, ni le moment, ni l’époque adéquats.

 next2.gif

Il nous faudra deux bonnes heures pour effectuer notre déposition. Fernand quant à lui est cuisiné pendant plus longtemps encore. Ne savons pas trop pourquoi.

A sa sortie, il a l’idée de contacter le club Pythagore, arguant du fait qu'il devait bien en exister un avatar à cette époque - je crois qu'il faisait référence à Allan Murphy, ce vieillard malicieux souvent présent dans le bureau du patron de la Société à notre époque. IL n’a pas tort, du reste : la Société Pythagore qui nous a engagés reposait bien à la base sur une structure de clubs privés ; Flattery faisait d’ailleurs partie de celui de Londres. Mais comment faire pour les joindre : télégraphe ? téléphone ? La question est soulevée, les réponses tardent : la journée a été longue.

 

Nous sommes dans la rue, le soir tombe et pendant quelques instants, j'ai l’impression d’être dans un monde à part. René est à la traîne. Il nous rejoint soudain en courant, disant qu'un homme qui le frôlait lui a glissé : « Vous n'êtes pas seuls. » Il n'a pas pu l’identifier. Diantre ! Germaine opine : elle vient de sentir une main posée sur son épaule mais elle n'a vu personne lorsqu’elle s’est retournée. Nous nous regardons, hagards. Encore une fois, c'est Fernand qui semble le moins affecté. Devant notre passivité, j'exprime alors l’idée de contacter l’esprit de Lucien. Les autres me fixent, perplexes.

 

« Pourquoi pas ? » leur fais-je.  

 

Oui, pourquoi pas en effet. Ils finissent par accepter, avec réticence pour certains d’entre eux. Faut les comprendre, je n’ai pas été particulièrement convaincant la dernière fois que j’ai fait ça.

 

Nous voilà partis chez moi - ou plutôt chez Jean - et... 

 D'instinct, nous nous mettons à chercher des preuves d’une éventuelle mise en scène - ce "suicide" ne paraît pas coller avec ce que je sais du personnage. Ainsi, dans la cuisine, je déniche les fragments de deux verres. A vue d’œil, j’estime qu’ils ont contenu récemment du porto. L'un des deux dégage une odeur bizarre... Germaine inspecte le corps de Lucien : il lui manque sept dents. Arrachées ? De plus en plus étrange, mais nous avons à peine le temps de discuter que la police arrive sur les lieux, accompagnée de la logeuse. L'attitude sévère de ces fonctionnaires de la maréchaussée ne présage rien de bon pour la suite... 

 

 

communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus