Un film de Richard Curtis (2003) avec Hugh Grant, Colin Firth, Liam Neeson, Emma Thompson et plein d’autres
Miraculeux.
Et pourtant, qu’est-ce que ça partait mal ! C’est effectivement totalement prévisible, avec des situations vues et revues, des résolutions complètement banales, des personnages qui semblent être des redites des précédents films de Curtis – d’ailleurs, de nombreux clins d’œil font référence à des œuvres du genre 4 Mariages & un enterrement, ne serait-ce que la chanson de Wet Wet Wet. Hugh Grant fait du Hugh Grant. Keira Knightley a tout de l’erreur de casting. Colin Firth ose sourire. Tout ce qui touche aux USA est montré dans un esprit de caricature éhontée (un Président libidineux, des Américaines peu farouches).
Néanmoins, figurez-vous que ça fonctionne. Le montage, bien que mettant sous l’éteignoir certains couples pour les faire reparaître longtemps après, réussit à nous passionner pour la majeure partie des histoires, le drame qui empêche Sarah de concrétiser sa romance, les efforts de Sam pour tenter de se faire remarquer par la fille qu’il convoite, les atermoiements d’un Alan Rickman (vraiment impeccable, à la fois précieux et classe) taquiné par le démon de midi, le vrai coup de foudre de Hugh Grant pour Natalie (dès le premier échange verbal, et quel échange !), la révélation des sentiments de Mark. Et de nombreuses autres histoires, sensibles, futiles (ma préférence allant à celle entre Jamie et Aurelia, d’une touchante naïveté) viennent ponctuer ces saynètes, alternant avec les pointes d’humour so british qui parviennent à rendre le ridicule hilarant.
Même si toutes les histoires ne se finissent pas bien, si tous les pots ne retrouvent pas forcément un couvercle, le dernier quart d’heure procure suffisamment de conclusions attendues (espérées) réalisées avec suffisamment de maîtrise pour qu’on ne puisse s’empêcher de s’émouvoir. On rit donc, et on pleure aussi : c’est la vie, en fait – idéalisée, magnifiée, simplifiée, mais elle nous ressemble au fond.





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