Vendredi 15 juin 2007
publié dans :
Prophéties
par Vance
Alors brille l’éclair de la miséricorde divine, car la Justice suprême a frappé tous les méchants. Il
arrive, le noble exilé, le donné de Dieu. Il quitte l’île de captivité. Il monte sur le trône de ses ancêtres d’où la malice des hommes l’avait chassé. Il recouvre la couronne de lis
refleuris.
Voilà une autre prophétie sur le mythe du
Roi Perdu. Celle-ci a été attribuée à saint Césaire, l’évêque d’Arles qui a vécu à
l’époque de Clovis. Suivant l’interprétation, ce texte pourrait se rapporter à nombres d’épisodes réels de l’Histoire de France, bien qu’il
faille trouver parfois des explications capillotractées. Ainsi les royalistes, juste après la Révolution, ne se sont-ils pas servis de cette prophétie pour annoncer une réapparition prochaine de
Louis XVII ? D’autres y ont cru voir le récit anticipé du retour de Napoléon. Alors qu’en cherchant bien, on s’aperçoit que ces phrases ne sont attestées qu’à partir de 1524, date de leur
publication dans le Liber mirabilis de Jean de Vatiguerro. Un cas fréquent qui permettait le
plus souvent d’asseoir la souveraineté d’un monarque par l’antiquité présumée de ses racines. Mais il est troublant de voir – et c’est également le cas avec nombre de quatrains de Nostradamus – que la prophétie retrace parfaitement le retour en grâce de Dagobert II, héritier du
trône des rois mérovingiens mais déposé par Grimoald fils de Pépin de Landen, qui l’avait exilé en Irlande ; saint Wilfrid, l’évêque d’York, le reconnaissant à des signes certains, l’aida à repasser la mer afin qu’en 676 il reprenne possession de ses terres et de
son titre (20 ans après).
Jeudi 14 juin 2007
publié dans :
Prophéties
par Vance
J’ai toujours aimé les prophéties, non seulement par cette vocation à
entrouvrir le voile de l’avenir, mais également par la force évocatrice du discours, souvent enflammé, parfois mystique et toujours solennel. Même si la plupart d’entre elles, apocryphes, s’avèrent avoir été écrites « après coup », elles n’en gardent pas moins un attrait particulier, ne serait-ce que par la volonté du
prophète de tenter de plier le destin à ses souhaits les plus chers.
Quelques-uns de nos docteurs disent qu’un descendant des rois francs règnera un jour sur tout l’antique
empire romain ; il sera le plus grand des rois francs et le dernier de sa race ; il ira à Jérusalem sur le mont des oliviers déposer sa couronne et son sceptre ; c’est ainsi que
finira le Saint Empire Romain Chrétien.
Rapportée par Saint-Augustin (IVe siècle)
Très intéressante prophétie circulant à cette époque et que le saint homme a rapportée. Contrairement à la grande majorité
des prophéties à vocation politique (l’avènement d’un roi, d’une nouvelle ère), celle-ci n’était pas postérieure aux événements concernés. On a pu y voir le parcours glorieux de
Charlemagne (dont une tradition le fait participer à la Première Croisade) mais d’autres auteurs plus crédibles ont relevé d’étonnantes similitudes
avec le destin de Godefroy de Bouillon. Ce singulier personnage, iconique et fascinant, pouvait se targuer d’avoir du sang mérovingien par sa mère, Ida d’Ardenne. Après avoir repris en 1077 son fief de Stenay à l’évêque de Verdun, il alla jusqu’à
assiéger Rome aux côtés de l’empereur germanique Henri IV, afin qu’on dépose Grégoire VII pour le remplacer par l’antipape Guibert. Mais c’est l’épisode des Croisades qui le fit entrer dans la légende, ce moment de 1099 où il pénétra le premier dans Jérusalem après un siège harassant. Sept jours plus tard, les chevaliers présents l’acclamèrent (comme ses ancêtres, les rois francs), le
hissèrent sur un bouclier afin de l’élire roi de Jérusalem. Il refusa ce dernier honneur, préférant le titre d’ « Avoué du Saint-Sépulcre ». Il devait mourir un an plus tard et
sera enterré sur le Golgotha, cette colline antique où se trouverait enfoui le crâne d’Adam.
Troublantes coïncidences, non ?
Davantage d’ailleurs lorsqu’on s’aperçoit que saint Augustin, mort vers 450, vivait à une
époque où Clovis, qui plaça la dynastie mérovingienne sur les rails du pouvoir, n’était pas encore né. Quelqu’un donc, à cette époque, voyait déjà dans
cette lignée obscure de barbares celle qui saurait retrouver le chemin de la Terre Sainte dans l’espoir de réunifier l’empire
agonisant – l’alliance prochaine entre la Papauté et les Francs ne pouvait pas ignorer ce texte. Peut-être s’agissait-il déjà de propagande…
D'autres sources attribuent ce texte à saint Rémi, le fameux évêque qui a baptisé Clovis, et donnent à la version de saint Augustin une tournure plus
apocalyptique. A suivre donc.
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