Marvel Mega
#30 : le Livre de Fatalis
Les 6 épisodes de la mini-série Books of Doom, écrite par Ed Brubaker et dessinée par Pablo Raimondi, ãPanini Marvel France, édition kiosque.
Ce n’est pas la première fois chez Marvel qu’on réécrit les origines d’un personnage, quitte à modifier certaines assertions et à réinscrire le héros dans un contexte plus moderne. La plupart des héros y ont eu droit. Ici, Brubaker nous raconte
l’enfance de Viktor von Doom et son accession au trône de Latvérie, à travers un témoignage direct de Fatalis et de quelques-uns de ses contemporains.
C’est narré comme dans un reportage, à la manière de Little Big Man. Les dessins, clairs et explicites (tout le contraire des couvertures peintes par Rivera), mettent l’accent sur les expressions – beaucoup de gros plans – plutôt que sur l’action. L’ensemble est sombre, dans des tons chauds (sauf les scènes dans la neige).
Facile à lire, une fois qu’on a compris le concept des dialogues en voix off, l’histoire insiste davantage sur les objectifs de Fatalis que sur l’actualité. On peut être déçu par certaines attentes : la confrontation avec Red Richards est à peine abordée, et sur le ton de la plaisanterie (la 1e partie s’attèle d’ailleurs à dégommer quelques rumeurs de ce genre) ; les inventions sont évoquées de façon assez vague, on reste assez loin du Fatalis qui transparaissait dans la plupart des aventures de FF, ou même de celui qui affrontait Iron Man dans les très beaux épisodes où ils sont coincés dans le monde des Chevaliers de la Table ronde. On a surtout affaire à un homme blessé et frustré, conscient de son génie, éternellement insatisfait. Récit humain, cherchant à révéler d’autres facettes de l’homme qu’on croyait connaître par cœur. Pourtant, chaque tentative de faire le bien (comme la libération de son peuple) se trouve contrebalancée par des attitudes ou des réflexions répréhensibles (il n’hésite pas à tuer ceux qui le contredisent). Et ses très rares failles (son attachement très fort pour sa mère, sa tendresse pour Valérya) ne lui poseront pas longtemps de problèmes de conscience.
Au final, le portrait dressé est intéressant mais frustrant (on est très loin du Fatalis qui deviendra maître du monde), malgré un petit twist final qui prête à sourire. Fatalis n’en sort ni grandi, ni avili. Peut-être un peu plus humain.





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