Roman jeunesse de Marc Cantin ã Milan 2000
A 10 ans, Félix se retrouve avec sa mère, son grand frère et sa jeune sœur, dans les soutes d’un cargo à destination de Brest, laissant leur père en Côte d’Ivoire. Ce dernier les a envoyés retrouver de la famille en France afin d’échapper au quotidien insupportable dans les plantations, à la misère et au désespoir. En France, au moins, tout est possible. Seulement, tant qu’ils n’ont pas de papiers, Félix et les siens devront se cacher. Le temps de régulariser la situation. Jusqu’à ce que tout dérape…
Un livre écrit à la première personne et au présent, divisé en quatre parties faciles à lire. Quelques mots liés à la culture ivoirienne sont explicités dans un mini-glossaire en fin d’ouvrage. On y suit le destin d’un garçon ambitieux et volontaire qui compense la tristesse de quitter son pays par les perspectives offertes par
la France : leur émerveillement lorsqu’ils parviennent, de nuit et sous la pluie, en rade de Brest et qu’ils aperçoivent le « château » par un hublot étroit est symptomatique. Bien entendu, la (dure) réalité exercera régulièrement ses rappels à l’ordre et viendra ternir leur enthousiasme, mais tous, et Félix en particulier, demeurent confiants en l’avenir. Après tout, ils n’ont guère que ça, avec l’espoir que, une fois installés, ils puissent faire venir leur père sur cette terre de libertés. Néanmoins, le spectre de la reconduite à la frontière est de plus en plus lourd et il suffira d’une petite imprudence pour que tout le monde tombe dans les rets de la police. Tout le monde, sauf Félix, sur qui repose la dernière chance de la famille. Elle passe par un voyage en train jusqu’à Rennes qui ne sera pas de tout repos. Félix y sera confronté à quelques individus peu tolérants et y laissera ses derniers espoirs.
Malgré une fin un peu trop jolie, qui tranche avec le reste – à l’opposé du remarquable et poignant Rêves amers – ce livre délivre une belle leçon d’opportunisme et de respect, ne cherchant jamais à stigmatiser les comportements déviants, le racisme ordinaire et l’intolérance. Ni Félix ni sa famille ne viennent jamais se plaindre des difficultés de s’établir, de la nécessité de trouver des papiers et de régulariser leur situation : ils font avec, trop heureux d’être dans un pays qui leur évite des conditions de vie inhumaines, même si
la Côte d’Ivoire, avec ses contes immémoriaux, son climat et ses paysages, demeure à jamais dans leur cœur.
Tout à fait accessible à des enfants sachant bien lire.
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