Vance met en vente

Mercredi 30 avril 2008

publié dans : Tous les films par Vance

L’Orphelinat

 

Un film de Juan Antonio Bayona, produit par Guillermo del Toro (2007)

 

Résumé CommeauCinéma : Laura a passé son enfance dans un orphelinat entourée d’autres enfants qu’elle aimait comme ses frères et sœurs. Adulte, elle retourne sur les lieux avec son mari et son fils de sept ans, Simon, avec l’intention de restaurer la vieille maison. La demeure réveille l’imagination de Simon, qui commence à se livrer à d’étranges jeux avec «ses amis»... Troublée, Laura se laisse alors aspirer dans l’univers de Simon, convaincue qu’un mystère longtemps refoulé est tapi dans l’orphelinat...

 

 

Précédé d’un excellent buzz, nanti d’une notoriété ayant largement dépassé les limites de la péninsule ibérique où il aurait explosé les records d’affluence, la bombe attendue a décroché le Grand Prix du Festival de Gérardmer 2008 et s’est imposée aux critiques (depuis le Festival de Cannes) sans effet de manches. Il n’en fallait pas davantage pour attirer mon attention : l’Orphelinat était un film pour moi. J’y suis allé la fleur au fusil, sans avoir visionné le moindre extrait (trop souvent déçu après une bande-annonce prometteuse) mais les reportages fleurissant sur le web avaient immanquablement suscité l’intérêt.

Et j’ai été conquis, tant par l’intelligence de la mise en scène que par l’extrême sensibilité qui se dégage des caractères. On suit avec un plaisir grandissant l’évolution de l’intrigue en louvoyant entre les nombreux codes narratifs hérités de l'horreur et des films d'ambiance, et on se rassure à chaque fois qu’on sent le doute pointer en constatant combien le protégé de Del Toro parvient à éviter le piège du gore inutile et du twist cache-misère, cataplasmes trop fréquents dans les productions récentes ambitieuses mais dépourvues de cette intransigeance, de cette humilité et, surtout, de ce réel talent qui sont nécessaires à la réalisation de ce genre de films.

De fait, ce qui frappe dans ce film, c’est l’importance capitale (centrale) donnée à l'émotion : la caméra s’attarde sur les visages, les tics nerveux, les plissements de paupières et toutes ces manifestations du discours non oralisé. En outre, on frissonne parfois, on sursaute mais on est surtout complètement sous le charme, littéralement enchanté grâce à un rythme laissant le temps de partager les peines et la souffrance de Laura.

Entre les Autres et l’intéressant Saint-Ange de Pascal Laugier, une réussite totale.

 

>Voir aussi Total Ciné.

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Lundi 28 avril 2008

publié dans : Tous les films par Vance

Toy Story

 

Un film de John Lasseter (1996) produit par Pixar pour Disney

 

Résumé EcranLarge : Quand le jeune Andy quitte sa chambre, ses jouets se mettent à mener leur propre vie sous la houlette de son pantin préféré, Woody le cow-boy. Andy ignore également que chaque anniversaire est une source d'angoisse pour ses jouets qui paniquent à l'idée d'être supplantés par un nouveau venu. Ce qui arrive quand Buzz l'éclair est offert à Andy. Cet intrépide aventurier de l'espace, venu d'une lointaine galaxie, va semer la zizanie dans ce petit monde et vivre avec Woody d'innombrables aventures aussi dangereuses que palpitantes.

 

Ce film est un régal, admirablement construit, paramétré comme un logiciel de pointe, avec minutie. L’histoire est parfaitement pensée, chaque situation n’étant qu’une étape devant amener les deux personnages principaux là où ils devaient être. On suit donc un schéma linéaire d’une lisibilité exemplaire qui laisse transparaître, par moments, les plus grandes réussites de Pixar : trame solide, discours sur les valeurs fondamentales excluant le côté moralisateur, prouesse technique dans la représentation graphique et le mouvement (l’équipe de Lasseter ayant même conçu un logiciel capable de reproduire l’impression de flou due à la vitesse), personnages truculents. Il y a un rythme, une efficacité qui sidèrent : on ne peut pas détourner ses yeux de l’écran tant le film est dense. Seule petite ombre au tableau, si on compare avec ce que Pixar créera par la suite : l’émotion, sans être absente, est le parent pauvre de cette production, n’apparaissant qu’en filigrane, par petites touches (notamment au travers de belles chansons de Newman) contrebalancées par un humour bon enfant. C’est là qu’on s’aperçoit à quel point Toy Story 2 et Monsters Inc., ou encore les Indestructibles se rapprochent davantage encore de la perfection, avec des personnages plus émouvants, plus sensitifs et un équilibre miraculeux. On pourrait d’ailleurs comparer les deux Toy Story aux épisodes IV et V de Star Wars, toutes proportions gardées. Cette rigueur et cette maîtrise se retrouvent encore une fois au générique de la dernière production en date, Ratatouille, auquel il manque un soupçon d’inventivité pour rayonner.

 

Une réussite cependant, que les autres studios créateurs de films d’animation en 3D ne parviennent même pas à effleurer. Toy Story  demeure encore une référence de l’animation.

 

Visionné en VOST 5.1. On s’aperçoit d’un son très clair. Les voix originales apportent leur lot de piquant et de saveur, surtout celle de Woody (Tom Hanks, plus nuancé qu’en VF) et de Sid. Cependant, on ne peut pas jeter la pierre aux doubleurs français qui s’en sont rétrospectivement bien sortis ; seul Mr Patate avec son accent caractéristique reste vraiment un cran au-dessus en VO. Les images sont nettes bien que les couleurs soient un peu ternes.

 

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