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  • : Journal de Vance
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  • : 17/02/2007
  • : Un jour, Vance, medium raté, a eu une véritable expérience surnaturelle. De ce jour, il a décidé de parler de lui, de ses aventures et de ses passions pour le cinéma et les Littératures de l'Imaginaire...
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Mardi 31 juillet 2007

publié dans : Tous les films par Vance
Un film de Ron Howard (2006) avec Tom Hanks, Audrey Tautou, Ian McKellen

Résumé AllôCiné. Une nuit, le professeur Robert Langdon, éminent spécialiste de l'étude des symboles, est appelé d'urgence au Louvre : le conservateur du musée a été assassiné, mais avant de mourir, il a laissé de mystérieux symboles... Avec l'aide de la cryptologue Sophie Neveu, Langdon va mener l'enquête et découvrir des signes dissimulés dans les œuvres de Léonard de Vinci. Tous les indices convergent vers une organisation religieuse aussi mystérieuse que puissante, prête à tout pour protéger un secret capable de détruire un dogme deux fois millénaire... De Paris à Londres, puis en Ecosse, Langdon et Sophie vont tout tenter pour déchiffrer le code et approcher les secrets qui remettent en cause les fondements mêmes de l'humanité...


da-vinci-affiche.jpgUn spectacle honnête mais bancal qui vaut plus par les discussions de haute volée menées avec un enthousiasme communicatif par des experts passionnés (Langdon et Teabing, respectivement Tom Hanks, malheureusement assez peu charismatique, et Ian McKellen, décidément fascinant) que pour l’aspect chasse au trésor-convoité-par-d’autres qui souffre terriblement de rebondissements discutables, de situations ridicules et d’un rythme inégal.

 

C’est sans doute le problème de ce film : le scénario n’a d’intérêt que dans ce qu’il parvient à tripoter un brin l’Histoire afin d’en découvrir les dessous plus ou moins glorieux. C’est uniquement par le biais d’énigmes et de codes fondés sur le symbolisme et une solide connaissance des principaux aspects de la culture judéo-chrétienne que l’on progresse dans cette initiation forcée par les événements (la mort de dépositaires d’un savoir mystérieux pour lequel certains sont prêts à tuer). Ceux que ça intéresse, et qui se sont déjà frottés aux Templiers, à la Franc-Maçonnerie, au mythe des origines, aux fondements de la royauté sacrée ou du christianisme, au symbolisme sous toutes ses formes ou qui ont eu vent de l’affaire du Prieuré de Sion, de l’imposture de Pierre Plantard, du Trésor de Béranger Saunière ou de celui des (encore !) Templiers, tous ceux-là vont se retrouver en terrain connu : on abordera sous leurs yeux, avec des démonstrations parfois un peu naïves, incomplètes, d’autres fois plutôt efficaces et habiles, certains des mystères sur lesquels l’Histoire officielle a posé un voile bien opaque (voire qu’elle a scellé de « Sept Sceaux apocalyptiques » comme le dirait Gérard de Sède, grand spécialiste de l’investigation occulte, aujourd’hui disparu) et ce, depuis des siècles. Il y est donc question de pouvoir et de connaissance, et d’un secret ultime. Ca pourrait être haletant : les fondements sur lesquels reposent notre société actuelle seraient remis en cause, ou à tout le moins ébranlés.

 

Las ! Même si la musique remplit son office dans les moments de tension, si Audrey Tautou se montre assez convaincante une fois plongée dans l’aventure, le déroulement est abracadabrant, les personnages se sortent des pièges tendus avec une désinvolture confondante et se retrouvent poursuivis par d’autres aux desseins souvent nébuleux, plus ou moins manipulés – et nous revoilà dans la spirale du complot ourdi par des hommes de l’ombre. Qui tire les ficelles ? Le suspense-là n’a pas trop d’intérêt, de même que l’attitude de l’Opus Dei, caricaturé à mort et qui perd toute crédibilité. Du coup, on a du mal à se passionner, mais le contenu est suffisamment fort pour entretenir l’intérêt, surtout pour peu qu’on possède quelques rudiments : les non-initiés risquent de flancher sous le flot presque ininterrompus d’informations obscures et de références absconses ; les autres, plus curieux, alléchés par le mystère et les secrets faisant trembler jusqu’aux plus puissants, tendront l’oreille et tenteront de démêler l’écheveau. Cependant, la révélation finale demeure tellement évidente (et déjà distillée par des journaleux trop peu scrupuleux) qu’il ne faut même pas s’attendre à une surprise de taille. Reste le fait que tous les éléments soumis à l’analyse peuvent être différemment interprétés, ce que Ron Howard, le réalisateur, ne se prive pas de souligner avec un second degré étonnant et – peut-être – salvateur : Langdon, après la brillante démonstration de l’Anglais sur le tableau de la Cène, rappelle ainsi qu’on peut lui faire dire à peu près tout et son contraire ; on est loin des affirmations péremptoires de Brown (l’auteur qui s’est fait son beurre sur la controverse) lequel affirmait que tout était avéré dans son ouvrage – malheureusement, les sources rapportées étaient trop peu fiables pour résister à un examen attentif. D’ailleurs, les deux érudits de notre film ne se privent pas de quelques mots d’humour qui allègent considérablement le propos, recadrant chaque fois le spectateur dans une dynamique de spectacle entre rebondissements farfelus et mystères de bon aloi. Cette façon assez subtile de se démarquer du ton catégorique du livre m’est apparue comme une bonne chose et m’a permis de mieux apprécier le déroulement.

 

De même, les passages en flashback, bien qu’ils aient eu tendance à appuyer le trait - notamment la scène de l’accident, qui m’a secoué – étaient plutôt réussis. L’aspect jeu de piste offrait en outre la perspective de visites de monuments attrayants. En revanche, les Français du film font peine à voir, Jean Reno nous servant un Frenchie digne de celui de Godzilla, en plus caricatural. Dommage.

 

da-vinci-code.jpgReste le produit lui-même et les débats qu’il continue à entretenir, ainsi que cette déferlante de passions qui nous amène de nouveau à nous pencher sur nos origines, à disséquer les événements les plus mystérieux de notre Histoire afin d’en tirer quelques hypothèses plus rassurantes – ou plus angoissantes encore. Que le livre (encore une fois, aux déductions très discutables et peu originales – on en trouvera un condensé dans l’Enigme sacrée qui avait eue son heure de gloire au début des années 80 et avait vu trois auteurs nous proposer des théories aussi fascinantes que saugrenues en se reposant sur des faux et les allégations de mythomanes… cf. l'article de Wikipédia) ait fait un carton n’est pas, en soi, une mauvaise chose, du coup : il aura relancé l’intérêt du public pour ce genre de littérature qui, même si bâtie à 90% sur des élucubrations fumeuses, nous propose une autre façon d’interpréter notre quotidien. Votre serviteur ne pouvait manquer utiliser ce tremplin idéal pour agrémenter ses Dossiers secrets. A suivre donc.


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Vendredi 13 juillet 2007

publié dans : Tous les films par Vance
Fighter in the wind
fighter-in-the-wind.jpgUn film sud-coréen de Yang Yun-ho (2005)

Une histoire vraie inspirée des mémoires de Choi Bae-dal, un Coréen émigré au Japon qui est devenu un des plus respectés karatekas au monde en créant une nouvelle forme d'arts martiaux, le Kyokushin karate.

Excellente surprise. Un film étonnant qui démarre sur un faux rythme lancinant, un peu chiche en combats pour mieux s’intéresser à la situation dans laquelle les personnages vont se débattre : la fin de la Guerre du Pacifique, l’hostilité entre les Nippons et les Coréens, l’arrogance des Américains. On déplore alors, dans la première demi-heure, sinon une action plus soutenue, du moins une détermination claire des champs temporels (on navigue vaguement dans un passé proche) et une caractérisation plus marquée des personnages. Sinon, le style est marqué : des couleurs fades mais un bon contraste accentuant les noirs et les zones d’ombre, l’omniprésence du gris, notamment dans les rues de la ville, beaucoup de scènes nocturnes ou sous la pluie. Et dans ce marasme ambiant où se débattent de pauvres hères face à une adversité exagérément abjecte, un personnage se détache, un être sans charisme, loin d’être beau ou imposant, mais qui, par trois fois, va s’interposer entre une personne en difficulté et son tortionnaire (que ce soit un compagnon d’infortune molesté par des militaires, puis par des racketteurs en bande organisée, ou une jeune geisha violentée par un GI imbibé – et forcément intouchable puisque même la police locale laisse faire) : Bae-Dal, qui fera usage de sa maigre connaissance du tae-kwon-do (l’art martial coréen) et tombera sur plus fort et plus roublard que lui, comme cet officier japonais condescendant, maître du Septième Dan, ou ce chef maffieux qui prendra plaisir à l’humilier de la plus vile des manières.

Bae-Dal, donc, est notre gentil héros crasseux, dont la couardise grandissante (il ne veut pas mourir et encore moins se faire mutiler inutilement dans un combat perdu d’avance) n’a d’égale que son opiniâtreté. Lorsqu’il en viendra à comprendre qu’il est le seul (avec son ancien sensei) qui puisse se dresser contre ceux qui abusent de son peuple, il optera pour le combat. Mais pas avant d’être prêt. Il s’entraînera alors, à la dure, afin de renforcer son pauvre corps qui a déjà connu le pire qu’on puisse endurer. Dans un premier temps, il se fera justicier des rues, venant au secours des femmes en détresse et renforçant son image auprès de celle qu’il a sauvée une fois. Ensuite, il répondra aux défis, affrontant les envoyés des écoles d’arts martiaux comme les bandits de tout poil. Au point que son aura va grandissant. Et avec la gloire, viennent les rancœurs. Un peuple compte sur lui, mais sa compagne lui demande de cesser les combats qui le tuent à petit feu. Car Bae-Dal n’est pas de ceux qui virevoltent et tournoient sans être touchés : il fait face, encaisse, puis frappe. Souvent, un coup, un seul suffit à mettre son adversaire KO. Une sorte de Rocky aux yeux bridés et à la chevelure impossible. Bien entendu, un jour ou l’autre, il faudra bien qu’il retrouve sur son chemin cet officier quasi-légendaire que personne n’a jamais touché.

Sans vouloir déflorer le finale, on remarquera l’accent mis sur les combats : on est bien loin des chorégraphies aériennes et fluides qui s’éternisent sur des prouesses de légèreté et d’équilibre. Ici, notre héros pratique un karaté des rues (comme se plaisent à dire les représentants des grandes écoles), rentre allègrement dans le lard, se mange des pains, se fait même transpercer : mais lorsqu’il frappe, le duel est vite abrégé. Ses coups peuvent briser un tronc ou une pierre, faire plier l’acier. Son corps est couvert des cicatrices les plus incongrues. Bien souvent, il frôlera la mort, face à des adversaires armés ou plus expérimentés. Et, bien loin de nos héros romantiques, il la craint au point d’en perdre ses moyens. Tout au long du film, ce personnage singulier, peu bavard et expressif, fascinera par cet acharnement à conserver une certaine droiture malgré le milieu impitoyable dans lequel il se débat. Il ira jusqu’à quitter les siens et sa bien-aimée pour laver son honneur (alors que la Justice l’a relaxé !).

Amateurs de Bruce Lee, ne cherchez pas les duels acharnés dont vous avez l’habitude. Ici, même si la réalisation des affrontements est soignée (beaucoup d’effets de ralentissements et d’accélération, et des cadrages intéressants), elle ne les fait pas durer très longtemps. Il s’agit avant tout d’une histoire personnelle, celle d’une rédemption, de l’accession à la gloire d’un être que les Japonais d’aujourd’hui reconnaissent comme étant l’un des 10 plus grands maîtres d’arts martiaux de tous les temps. Lui qui pourtant vient d’ailleurs. Issu de la fange, doutant en permanence, il aura connu les pires turpitudes avant de commencer à arpenter le chemin menant à la reconnaissance.

S’il emprunte un fonds assez semblable à Il était une fois en Chine, le film vaut le coup d’œil pour la hargne de son personnage principal et les sentiments touchants qui le lient à ses proches (sa protégée, le fils de l’homme qu’il a tué). On passera sur les dialogues souvent niais – mais la VF n’arrange pas les choses, au contraire – et sur une BO trop mielleuse, mais on remarquera la photo particulièrement précise.

Une expérience enrichissante. Merci à Nat pour le prêt (à ta disposition pour d’autres surprises du même acabit !).


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