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  • : 17/02/2007
  • : Un jour, Vance, medium raté, a eu une véritable expérience surnaturelle. De ce jour, il a décidé de parler de lui, de ses aventures et de ses passions pour le cinéma et les Littératures de l'Imaginaire...
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Jeudi 29 novembre 2007

publié dans : Tous les films par Vance
Mr & Mrs Smith

 

Un film de Doug Liman (2005) avec Brad Pitt, Angelina Jolie et Vince Vaughn

 

Résumé Film de Culte : John et Jane Smith sont mariés depuis six ans. Leur vie de couple, aujourd’hui tombée dans la routine quotidienne, se voit bouleversée lorsque chacun réalise que l’autre est un espion.

 

Séance en famille : comme au cinéma, les enfants ont apprécié, et Madame, si elle s'est marrée à plusieurs reprises devant certains dialogues croustillants, a trouvé l’œuvre simpliste et longuette : elle a d’ailleurs capitulé à 15 minutes de la fin.

 

Au temps pour moi qui croyait proposer une de ces séances consensuelles où le plaisir se partage autant que les rires et les frissons. Alors, qu’en ai-je pensé ?

 
Figurez-vous que j'y ai encore pris beaucoup de plaisir. Bah ouais. C'est sûr, le scénario ne vole pas bien haut, c'est la Guerre des Rose en moins cruel, moins finaud, moins retors, avant une bascule aux trois quarts du film vers des situations reprises de True Lies. La plupart des séquences choc sont téléphonées, tout est prévisible. Les seconds rôles ne servent à rien (et pourtant, le personnage de Eddie/Vince Vaughn avait du potentiel), la bande son n'a aucune classe et, si elle utilise un peu à la Zorro des chansons rythmées pour les scènes de baston, elle ne parvient pas à convaincre. Pire : on a parfois l'impression de se retrouver manipulés par un couple d'acteurs en roue libre, s'envoyant des répliques qui tuent avec une sérénité déconcertante ; le syndrome Ocean's Twelve aurait encore frappé...


Pourtant, j'ai marché. Parce que c'est Pitt et Jolie, peut-être. Parce qu'ils ont conservé un charisme quasiment indestructible, qu'ils sourient en s'envoyant des gnons, en se foutant sur la tronche comme c'est pas permis, en traversant des fenêtres, des haies et autres obstacles avec à peine deux ou trois coupures vite rapiécées, en butant tout ce qui leur barre la route et en réglant leurs problèmes de couple alors qu'ils jouent leur vie à 150 km/h. Bourrin, mais jouissif, parce que la mise en scène, si on exclut quelques effets d'accéléré tape-à-l’œil et une fâcheuse manie de filmer l’action caméra à l’épaule, sait parfaitement cadrer ces personnages hors du commun qui vivent une sorte de rêve américain irrationnel.


Bon, certains plans sont too much (Jane qui a une larme qui perle sur sa joue, mon Dieu comme c'est émouvant !), mais à chaque confrontation attendue, la mayonnaise prend. Par la suite, le dernier quart où ils tentent de s'en sortir ensemble est nettement moins prenant, là où on aurait espéré plus de piment, plus d'obstacles et une fin nettement moins Cendrillonnesque. Mais les clins d'œil rachètent presque tout : là où le Soderbergh avait fini par m'horripiler, ici je le prends du bon côté.

 

Le DVD que j’ai visionné propose des commentaires audio en bonus, ainsi qu’un documentaire sur la préparation d’une séquence et trois scènes coupées (en VOST) ; celles-ci insistent un peu plus sur le caractère comique (notamment chez Vince Vaughn qui monologue) mais n’apportent rien à l’ensemble, sauf peut-être la deuxième qui nous montrait comment Jane trouvait la cache d’armes de son mari, détail oublié du montage final.

 

Bref, un bon produit d’entertainment qui touche son public avec une facilité désarmante.

 

 

fl--che23.gifVoir aussi :

Fiche complète et visuel de l'affiche chez FilmdeCulte

    

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Lundi 26 novembre 2007

publié dans : Tous les films par Vance
L’Homme qui tua Liberty Valance

 

Un film de John Ford (1962), N&B, avec James Stewart, John Wayne, Vera Miles, Lee Marvin

 

Ce lundi soir était destiné à proposer aux téléspectateurs français un choix inhabituel de grandes œuvres du 7e Art : outre l’excellent Munich, le sublime Abyss et Nevada Smith, on trouvait aussi une véritable perle, un classique indémodable et une référence absolue : l’Homme qui tua Liberty Valance (c’était sur Paris Première). J’avais une pile de cahiers à corriger, mais je n’ai pu m’empêcher de suivre avec passion cette histoire dont je connais pourtant tous les ressorts et dont la plupart des détails sont durablement inscrits dans ma mémoire.

 

Ce film est décidément une réussite majeure du western classique, fondée sur un scénario habile dont la morale repose sur cette phrase énoncée par le propriétaire du journal local : Quand la légende devient des faits (ou rejoint la réalité), nous imprimons la légende.

 

When Legend becomes facts, print the Legend.

 

Car il s’agit avant tout d’un film sur ces légendes de l’Ouest, du temps où le chemin de fer ne traversait pas encore les Etats-Unis, où la paix avec les Peaux-Rouges était précaire et où les grands éleveurs faisaient tout leur possible pour préserver l’état d’open range afin de conserver la mainmise sur le bétail, au détriment des petits fermiers et en usant d’expédients plus ou moins légaux. Car justement, la Loi était bien souvent un vain mot, une réalité illusoire dont les représentants faisaient ce qu’ils pouvaient pour l’appliquer tout en ménageant les susceptibilités des potentats locaux ou des fortes têtes. Certes, le sheriff de Shinbone est risible (bien qu’éminemment sympathique), mais l’ingérence d’un hors-la-loi comme Valance dans la destinée d’une petite contrée et la façon dont il terrorise la population est tout à fait plausible. Il est question, encore une fois, du combat de la plume contre l’épée ou comment réinscrire un territoire quasi-sauvage dans la Loi et l’Ordre ? Le discours moralisateur a-t-il le même impact qu’un coup de revolver bien placé ?

 

L’histoire commence à Shinbone, une petite ville de l’Ouest. Le sénateur Stoddard (James Stewart), homme distingué à la voix gouailleuse d’orateur accompli, en descend accompagné de sa femme Hallie (Vera Miles). Les marques de respect que lui témoignent les habitants attirent l’attention d’un jeune reporter qui se décide à lui demander une interview. Mais le sénateur tient avant tout à venir aux funérailles très discrètes d’un certain Tom Doniphon, auxquelles assistent également l’ancien shériff de la ville et un grand Noir triste. Devant l’empressement des journalistes, Stoddard accepte ensuite de révéler le but de sa venue : il racontera alors son histoire, c’est à dire comment il est devenu ce sénateur respecté et adulé, et le rôle qu’a joué Tom Doniphon (John Wayne) dans sa vie. Nous revoilà plongés quelques dizaines d’années en arrière : Ransom Stoddard n’était alors qu’un jeune avocat de l’Est cherchant à se faire un nom dans les territoires de l’Ouest, avec 14,80$ en poche et des livres de Loi en main. Las, avant même d’arriver à Shinbone, sa diligence se fit attaquer par un certain Liberty Valance (Lee Marvin), une brute sadique qui faisait régner sa propre loi dans la région. Ransom tenta bien de s’interposer, mais il se fit battre comme plâtre. Soigné par Hallie qui voyait en lui un preux chevalier, il se fera un nom dans la petite ville en devenant instituteur et journaliste, refusant dans un premier temps l’aide de Tom Doniphon, robuste gaillard qui était le seul à ne pas trembler devant Valance. C’est que Ransom a toujours foi en ses principes de morale et de Justice et réprouve l’utilisation de la moindre arme à feu. Seulement, lorsque Valance reviendra en ville, il comprendra vite que les mots et les principes n’ont aucune valeur dans cet Ouest encore sauvage…


J’aime le parallèle évident entre l’ascension de Ransom (qui arrive complètement démuni à Shinbone) et celle de Peabody, pourtant déjà établi mais qui tire de ce jeune idéaliste venu de l’Est l’énergie nécessaire pour mettre en valeur son instinct de journaliste poussiéreux. Pourtant, le risque qu’ils encourent en remettant constamment en question l’autorité naturelle du hors-la-loi est patent, seulement l’un se réfugie derrière des textes de Loi en lesquels il continue tant bien que mal à avoir foi – jusqu’à ce qu’un drame lui fasse renier ses principes – tandis que l’autre puise sa force dans l’alcool (à moins qu’il n’y oublie sa peur).

 

John Ford nous livre un spectacle haut en couleurs paradoxalement en noir & blanc, afin de mieux souligner sans doute ce qui apparaît comme un enterrement de première classe du genre qu’il a chéri au point de lui donner ses lettres de noblesse. Mais contrairement à ses œuvres précédentes, il est resté modeste dans le cadrage et signe un film de studio, presque austère, d’une élégance rare et dont la très belle photo délivre une image d’une puissance expressive peu commune.

 

Des acteurs au diapason d’une histoire prenante, avec un James Stewart toujours habité, passant de l’assurance d’un sénateur accompli aux doutes d’un jeune avocat tombé de haut ; John Wayne, qui fait une cour timide à Hallie et voit petit à petit celle-ci se tourner vers le frêle homme de loi, est très juste et éclabousse l’écran, même s’il n’apparaît pas dans beaucoup de scènes. Il ne pourra que regretter, et bien amèrement, n’avoir jamais su déclarer directement sa flamme tout en croyant dur comme fer qu’elle s’établirait avec lui. Comme d’habitude chez Ford, une multitude de seconds rôles savoureux gravitent autour de ces personnages, parmi lesquels l’inénarrable sheriff, un gros couard ne pensant qu’à manger des steaks gigantesques et à protéger sa nombreuse famille : comment oublier la rapidité phénoménale avec laquelle il engloutit sa portion ? Ma préférence va toutefois à Edmond O’Brien, qui interprète Peabody, le patron de presse local constamment ivre (c’est à dire aussi souvent que le médecin du coin) mais capable de fulgurances oratoires inimitables. On remarquera les apparitions de Lee van Cleef et de John Carradine.

 

Un très grand film, intelligent et sensible. Un western crépusculaire monumental.

 

fl--che23.gifVoir aussi :

 

Ü     Fiche complète, affiches, photos et jaquette du DVD sur DVDClassik

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