Mardi 8 mai 2007
publié dans :
Tous les films
par Vance
Un film de Sam Raimi (2007) avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst
Peter Parker pourrait enfin filer le parfait amour avec sa Mary-Jane et concilier sa vie
minable mais digne de reporter freelance avec son job de super-héros, mais il était dit que le sort s’acharnerait sur lui. C’est d’abord son ex-meilleur ami Harry Osborn, qui en veut à mort à
Spiderman qu’il accuse d’avoir tué son père. C’est ensuite un symbiote venu de l’espace qui va exacerber ses sentiments et révéler sa face cachée. C’est aussi ce nouveau reporter qui a été
engagé pour faire des photos du Monte-en-l’air. C’est enfin ce criminel en fuite que le capitaine Stacy certifie être mêlé à la mort de l’oncle Ben. Au milieu de cet imbroglio, Peter aura de
plus en plus de mal à maîtriser ses émotions, à respecter ses engagements et surtout à faire passer ses proches avant même sa soif de vengeance. D’autant que cette fois, ses ennemis veulent sa
mort.
Parfois agacé, parfois déçu, rarement ému (alors que les deux autres opus étaient capables de faire passer les sentiments sans user
de ficelles aussi grosses) mais souvent époustouflé et même agréablement surpris par certains enchaînements, j’ai regardé passer les 2 heures et 19 minutes sans réellement parvenir à me
passionner pour cette succession de situations pas toujours crédibles. Pourtant, l’œuvre a des arguments à faire valoir. Il s’agit bien d’un film dense, témoignant d'une
maîtrise ahurissante même si le scénario (et les dialogues !) a parfois des relents de vieux comics golden age, passe par des artifices niais (l'arrivée du symbiote !)
avant de retomber dans une modernité pas toujours de bon aloi. Certes, les « crétins costumés » régulièrement stigmatisés par la verve de
Jameson (Simmons nous offrant de l’irascible rédacteur une vision complètement barrée et tellement délicieuse) peuvent passer pour ringards et dignes du qualificatif de
« menace masquée » ; il n’en est pas moins que les précédents films avaient su jouer simultanément sur les deux tableaux, celui d’une nostalgie
doucereuse et reconnaissante, sous-tendue par un respect total aux productions Stan Lee-Steve Ditko, ainsi que celui d’une recherche
permanente d’une vraie crédibilité, une volonté d’ancrer le héros dans une contemporanéité évidente. Ici, c’est clairement du côté de l’hommage (limite parodique et second degré)
que se tourne le réalisateur, avec des clins d’œil appuyés à l’époque où John Romita Sr agrémentait de dessins harmonieux les aventures désabusées de Peter
Parker alias Spiderman – j’en veux pour preuve les apparitions du capitaine Stacy et
surtout de Gwen (adorable et déroutante Bryce Dallas
Howard) avec son petit bandeau noir retenant en arrière sa blonde chevelure.
Pourtant, si l’on passe sur les enchaînements, les séquences de combat témoignent d’une volonté d’en mettre plein la vue qui finit
par emporter l’adhésion : on y voit un Spidey tournoyant et virevoltant qui arrachera des cris d’enthousiasme aux plus blasés. La caméra a même du mal à suivre les évolutions de
l’Homme-Araignée dans toutes les dimensions et le montage peine à retranscrire les subtilités des passes d’armes, où notre héros use de sa souplesse et des ses lance-toiles au maximum de leurs
possibilités. Toutefois, même ici, le fan ne peut que se sentir frustré de l’absence quasi totale du recours à son spider-sense (alors que Venom lui-même le mentionne !), une faculté qui n’était déjà plus trop présente dans le deuxième volet.
Ce qui donne au final un spectacle ambitieux et bancal.
Même si leurs caractères prêtent largement à discussion (il est des revirements d’opinion que seule une faiblesse du script peut expliquer), Venom et l'Homme Sable sont fabuleux. Je ne trouve même pas qu’ils soient trop peu exploités, d’autant que l’amateur de
comics adhèrera sans retenue à la façon dont leurs origines sont narrées (les noms, les lieux, les vêtements étant respectés à la lettre !). Quant à notre troisième larron, il est la très
agréable surprise de cet opus, redonnant ses lettres de noblesse au premier villain de la trilogie et parvenant à déjouer les prévisions : rare qu’un film à grand spectacle
parvienne à en garder autant sous le pied après la multi-diffusion des trailers et teasers. Je ne peux en dévoiler davantage, mais je tenais à souligner la performance étonnante
de James Franco qui confère à l’œuvre un cachet plus sombre et fouillé. Les errances de Parker, en revanche, si elles prêtent à sourire (notamment par le biais du toujours
sympathique cameo de Bruce Campbell), sont nettement moins convaincantes.
Je préfère oublier la fin, ratée et ridicule (la même scène du cimetière à la fin du premier est cent fois meilleure et plus
pertinente) pour retenir cette somme d’efforts pas toujours judicieux. Un film qui séduira les familles et divisera les fans de la première heure.
Plus d'images et un autre avis chez Grey.
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