Vance met en vente

Vendredi 23 mars 2007

publié dans : Tous les films par Vance

Anime d’Hayao Miyazaki (1989)  

DVD zone 2.  

Le film est un petit régal. Il peut désorienter en ce sens que, à l'instar de Totoro, il narre une tranche de vie loin d'être dramatique. Bien entendu, les thèmes chers à Miyazaki sont présents : l'enfance, le parcours initiatique, les questionnements lors du passage à l'âge adulte, mais aussi une certaine image d'un passé idyllique, un goût prononcé pour la Nature (toujours de splendides plans sur des prés fleuris, des forêts touffues) et la mécanique (les voitures datant des années 50).   

Kiki a treize ans et, selon la tradition ancestrale des sorcières, doit quitter sa maison pour subsister pendant un an. Elle devra trouver une ville, s'y installer et surtout s'y intégrer en trouvant un moyen d'utiliser au mieux ses dons. Mais cela passe aussi par l'acceptation des relations sociales et, si elle est avenante et polie, toujours souriante, elle est hostile aux relations plus amicales que lui propose un garçon fasciné par elle.

Certes, il n'arrive pas à captiver autant que Mononoké ou Chihiro, à émouvoir autant que Totoro ou le Château dans le ciel, mais il demeure sensible et touchant. Le cadre est typique chez Miyazaki : une Europe traditionnelle hésitant entre les années 20 et 60 ; on sait qu'il y a la TV mais les téléphones et les véhicules proviennent clairement d'avant-guerre, de même que le gigantesque dirigeable. D'ailleurs, ce dernier, les costumes des policiers et les caractères gothiques des enseignes de magasins laissent à penser que ça pourrait se passer dans le nord de l'Allemagne (présence aussi de la mer).  

L'une des particularités est cet aspect fantastique latent : l'apparition de la jeune sorcière en ville fait tourner les têtes, mais les personnes âgées ne sont pas étonnées outre mesure. C'est un peu comme si, face à la technologie, la magie avait cédé du terrain, mais sans disparaître totalement. Du coup, le propos se rapproche beaucoup plus de celui de Totoro, voire Mononoké.

Sauf qu'ici, c'est dans le cadre de l'apprentissage de la vie : à 13 ans, à part le fait de voler sur un balai, Kiki ne sait rien faire. Mais elle est généreuse, volontaire et souriante. Les cyniques du XXIe siècle que nous sommes pourront trouver cela niais et futile ; c'est pourtant rafraichissant. Comme d'habitude chez le réalisateur, le noeud de l'histoire se situe dans la relation qu'aura Kiki avec un garçon fasciné par elle, relation qu'elle refuse d'abord et qui va influencer sa jeune carrière de livreuse. 

Etrangement, Kiki va perdre progressivement ses pouvoirs et ne parviendra plus à voler ou à comprendre le langage des animaux. Elle devra faire un effort sur elle-même et s'ouvrir aux autres pour surmonter cette épreuve. D'autant qu'elle est régulièrement secondée, épaulée, réconfortée : par son chat d'abord, le truculent Jiji, puis par des femmes.

Ca aurait pu être cucul et pourtant c'est remarquablement touchant, élégant et stylé. La fin procure même une certaine tension, davantage que dans Totoro. Comme souvent, le générique de fin montre, par quelques séquences supplémentaires et images fixes, ce qui se passera après la fin. Très agréable moment.

 

Jolie musique, moins enlevée que dans les précédentes compositions pour les studios Ghibli. 

 

Visionné en VF Surround (la jaquette mentionne 5.1 ! ). Des images très claires mais d'une netteté loin de l'irréprochable, assez loin des standards imposés par Chihiro par exemple. Elles sont toutefois stables et je n'ai pas noté de fourmillement.

Le son est relativement bon, axé sur la voie centrale. Les effets surround sont étouffés, notamment lorsque quelqu'un s'exprime hors-champ. Les basses sont présentes et c'est tant mieux.

 

 

 

 

 

 

 

 


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