Xiii : Là Ou Va...
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Un film de M. Night Shyamalan (2002) avec Mel Gibson & Joaquin Phoenix
DVD Touchstone zone 2 (2003)
Ca faisait un moment, tiens. Depuis le ciné, je pense (raté sur Canal). A l'époque, j'avais beaucoup aimé ce film de Shyamalan : je restais sur la formidable impression dégagée par Incassable, et les quelques réserves que je partageais avec mes proches alors (le fait que l'alien soit trop exposé à la fin alors que tout le film insiste sur le hors-champ) ne m'avaient pas empêché d'apprécier la justesse de la mise en scène et la qualité de l'interprétation (Joaquin Phoenix en tête, particulièrement émouvant dans un rôle pourtant pas évident).
Seconde vision donc. Et bilan encore plus positif. C'est singulièrement en regardant les scènes coupées que je me suis rendu compte à quel point l'œuvre est réglée sur un métronome et fondée sur un équilibre, assez fragile somme toute. Deux de ces scènes montrent des flashbacks où apparaît Colleen (la femme du pasteur déchu Mel Gibson) : incorporées à l'ensemble, elles auraient nui à l'équilibre émotionnel du film qui repose en partie sur les dernières paroles de cette femme abattue précocement par le Destin, laissant un veuf amer et cynique et des enfants perturbés. En revanche, il me paraissait utile d'insérer la "troisième histoire" qui, rétrospectivement, manque au déroulement du film.
Je m'aperçois alors que l'alien n'est ici qu'un révélateur, une sorte de catalyseur : ça aurait pu marcher avec une catastrophe naturelle, le but étant de montrer le cheminement chaotique d'une famille tentant jusque là de vivre avec un deuil. Pour le coup, le parallèle avec
Vraiment conquis. Un très bon film d'ambiance, magnifiquement servi par un James Newton Howard qui a créé un thème parfaitement adéquat quoique appuyant davantage le côté angoissant, rappelant les phrases scandées dans les B.O. des films de Carpenter. Comme pour Sixième Sens, le fait d'apprécier autant une seconde vision qui a (forcément) perdu le caractère dramatique lié à la surprise finale illustre à quel point un film se suffit à lui-même lorsqu'il est bien fait. Et, très loin du décorum choisi en contrepoint par Zemeckis pour Contact, une œuvre sur la foi, sa perte et sa quête rédemptrice.
Visionné en VF DTS because ma fille.
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