Bon là je ne sais pas quoi en penser : d'un côté, j'ai adoré l'ambiance, les deux acteurs principaux,
et l'idée de départ (ne connaissant rien en ce qui concerne les BD).
De l'autre, je me suis retrouvé devant un film pompant Brazil, 1984, Equilibrium (entre
autres) et sans réelle ampleur. Tout est trop prémâché, et empêche de réfléchir. La représentation du grand dictateur aurait pu être plus subtile, ils n'auraient pas dû le montrer comme une sorte
de gourou. Je pense plutôt que le montrer comme un homme politique simple aurait pu le rendre plus effrayant.
Trop de caricatures donc, mais aussi beaucoup de clichés que le film réussit à éviter.
Voir aussi les chroniques de TWIN et de Vance sur ce blog.
Un film de Liu
Chia-Liang produit par Shaw Bros (1981) avec Gordon Liu, Johnny Wang & Kara Hui.
Un DVD Wild Side de la collection « les Essentiels Shaw Bros » (2007).
Résumé DVDToile :Alors qu'ils exécutent en public une danse du lion, les disciples de Maître Zhang sont provoqués par les élèves agressifs du fourbe Maître Lu. Maître
Wong Kei-Ying, à la tête d'une troisième école et père de Wong Fei-Hung, tente de réconcilier les deux hommes, en vain. L'incident n'empêche pas Fei-Hung, et son ami Yin-Ling, disciple de
Maître Zhang, de parader dans les rues en cherchant la bagarre. L'inévitable se produit : ils tombent sur un adversaire redoutable qui n'est autre qu'un Maître venu du Nord de la Chine et
recruté par Maître Lu dans le but de faire plier les écoles concurrentes...
Un « rapido » par Vance
Alors que se profile ma troisième « soirée kung-fu » (initiée avec mes enfants lors d’un Halloween : ma
fille refusant de voir des films d’horreur, on a opté pour ce genre – et on ne l’a pas regretté), me reviennent en mémoire quelques impressions sur les grandes réussites et découvertes des
précédentes. Très consciencieusement guidé par les spécialistes du forum DVDVision à qui j’avais demandé une sélection représentative des « meilleurs films d’arts martiaux », j’avais
acquis quelques-unes des pièces maîtresses de cette catégorie, comme les premiers Il était une fois en Chine, la 36e Chambre de Shaolin ou Opération Condor. Je me
gardais bien de les diffuser à la suite et les tempérait par la projection de Hero ou Tigre & Dragon que ma fille adorait déjà.
Martial Clubvoit la confirmation d’un talent incontestable des films
HK d’avant la grande période des câbles (vous savez, avec ces acrobaties surhumaines où les personnages semblent en apesanteur) : Gordon Liu, acteur énergique, au corps taillé
pour la lutte et au visage impassible. Il joue ici l’incontournable Wong Fei-Hung, dans sa jeunesse – et fait plutôt honneur à ce héros mythique qui a également été incarné par, entre
autres, Jet Li et Jackie Chan. Son côté solennel irradie littéralement l’écran e donne plus de poids à ses passes d’armes où la virtuosité des gestes le dispute à la brutalité des
coups. Pas de montage effréné pour tenter d’accélérer le rythme : les combattants virevoltent devant une caméra placide et font preuve d’une souplesse hallucinante. Bien qu’on n’ait pas
encore les trouvailles géniales des grands moments de Il était une fois en Chine, on passe son temps à s’ébaubir
devant les prouesses des maîtres. L’apothéose vient avec le (long et incroyable) duel final en plein cœur de la ville, dans des espaces tellement étroits qu’il leur faut redoubler d’attention et
d’ingéniosité pour mettre en défaut l’adversaire. Et puis, de temps à autre, ces « accès » de comédie avec quelques gags renforçant le caractère puéril des jeunes Fei-Hung et
Yin-Ling : c’est assez déconcertant de voir Gordon Liu rigoler. Signalons aussi la présence magnétique de la craquante Kara Hui (les 8 Diagrammes de Wu-Lang), vraiment
impressionnante d’aisance et de fougue.
La seule faiblesse de ce métrage de 103 minutes est que le personnage de Wong Fei-Hung ne semble pas évoluer entre sa première
confrontation avec le maître venu du nord (où il se fait rapidement humilier) et le finale dans les ruelles où il est grandiose : on ne ressent pas cette progression dans son art qui est si
captivante dans les autres œuvres fondées sur l’initiation.
Pas un seul temps mort, cela dit : une sorte d'aura martiale respectueuse se dégage de l'ensemble, avec un film sans
cadavre doublé d'une grande leçon à double sens.
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