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  • : 17/02/2007
  • : Un jour, Vance, medium raté, a eu une véritable expérience surnaturelle. De ce jour, il a décidé de parler de lui, de ses aventures et de ses passions pour le cinéma et les Littératures de l'Imaginaire...
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Mardi 15 avril 2008

publié dans : Comics par Vance

Planète Hulk

 

Marvel Monster Edition « Hulk » © Panini comics 2007

 

Persuadés d’être dans leur bon droit – et qu’il n’y avait que cette unique solution, les Illuminati, cette assemblée secrète regroupant les super-héros les plus puissants et influents de la Terre, ont décidé qu’il était nécessaire d’exiler Hulk. Ils l’ont donc attiré sur un faux prétexte (un sauvetage en orbite) dans un vaisseau censé l’expédier sur une planète isolée et déserte où il pourrait finir ses jours sans détruire une civilisation entière. Ils n’ont pas compté sur une grosse erreur de jugement et les aléas du voyage spatial : toujours est-il que notre géant vert se retrouve sur Sakaar, un monde déchiré gouverné par un tyran insensible aux jérémiades des peuples qu’il tient sous un joug sanglant. D’abord réduit à l’état d’esclave, Hulk compte bien reconquérir sa liberté en se nourrissant de la colère engendrée par la haine envers ceux qui se prétendaient ses amis. Et quand Hulk est en colère, rien ne saurait lui résister…

 

Marvel Panini France a décidé de publier la mini-série Planet Hulk, qui précède l’imminent World War Hulk, dans leur collection « Monster Edition » que j’ai déjà évoquée pour le très bon Captain Marvel (Monstres & Dieux). Elle s’articule sur 4 arcs principaux : Exile, Anarchy, Allegiance et  Armageddon qui se retrouvent complétés, assez adroitement, par quelques épisodes tirés de la série régulière (Planet Cho) ou d’un Giant Size (Banner War), auxquels viennent s’adjoindre de jolis one-shots ainsi que l’arc Hulk : Destruction dans lequel l’Abomination se voit proposer de joindre les forces gouvernementales…

 

Mais ce qui nous intéresse, c’est la façon dont Hulk va s’en sortir sur ce monde si loin de nous. Car il était évident – et ce, sans lire les magazines spécialisés ou trainer sur le net à la recherche d’infos venues des USA – que ce personnage phare du monde marvellien ne pouvait pas demeurer ainsi en dehors du contexte terrien. Se profilait déjà dans nos esprits le slogan : « Il revient, et il n’est pas content ! » au-dessus d’une affiche trailer annonçant une vendetta apocalyptique.

 

C’était couru.

 

Mais Greg Pak a eu l’intelligence de profiter de l’occasion qui lui était offerte de combler les amateurs de planet opera (ou plus précisément, planetary romances, ce sous-genre de la SF dans lequel des auteurs exploitent à l’envi l’univers qu’ils ont créé de toutes pièces au travers de sagas prenant leur temps et laissant une large place aux descriptions et portraits d’une faune, d’une flore, donc d’une biosphère influant largement sur les intrigues – voir les romans de Dune et ceux de la Romance de Ténébreuse) tout en faisant évoluer notre héros gavé de rayons gamma dans un environnement dans lequel il pourrait laisser libre cours à son ire légendaire. Car notre Hulk, avant de penser à se venger de ceux qui se sont joués de lui (en profitant de la relative confiance qu’il avait encore envers certains d’entre eux, comme le Docteur Strange), devra d’abord penser à sa propre sauvegarde. Il se retrouve, en effet, à l’état d’esclave, gladiateur d’un autre monde, mêlé à des exilés comme lui et forcé de combattre pour le plaisir d’un roi sanguinaire doté d’une technologie redoutable. Or, le peuple sur lequel règne le despote est tiraillé entre une terreur logique face aux forces du monarque et un espoir concentré dans une prophétie (oui, la ficelle est grosse mais toujours aussi efficace, bien que largement utilisée – comme dans les X-Men avec Colossus) ; et Hulk, par ses exploits forçant l’admiration et le respect, deviendra bien malgré lui le fer de lance de la révolte larvée. Les circonstances et le contexte le pousseront à s’associer à de singuliers personnages, tous déracinés mais unis par une volonté commune, « liés en guerre ». Et avant d’affronter à nouveau le Roi Rouge, il devra en passer par son Ombre protectrice, Caiera de l’Ancienne Force, guerrière née et dotée de pouvoirs dépassant l’entendement. Seulement, il ne sera plus simplement Hulk, individu farouchement indépendant et solitaire, mais le porte-étendard des peuples opprimés et désireux, par son entremise, de reconquérir leurs terres.

 

On le voit, le sujet est vaste, ambitieux et prétexte à des confrontations musclées : la terre s’éventre, les bâtiments explosent, les assaillants font usage d’armes redoutables et terrifiantes… et Hulk s’en sort toujours, encore plus puissant, encore plus fou de rage. Hulk comme on l’aime, borné, têtu mais capable de clairvoyance et d’éclairs de lucidité qui lui permettent d’opter pour des décisions étonnantes. A ses côtés, on sera surpris, tout au long de ses pages foisonnantes (et malgré des dessins pas toujours très agréables mais joliment encrés), de se passionner pour le destin des Liés en guerre, personnages hauts en couleurs aux origines aussi éclectiques que mystérieuses, comme le petit Miek, sorte de scarabée parlant presque insignifiant mais acharné à survivre pour sa ruche et sa reine ; Korg, l’étonnant et placide homme de pierre à la force colossale ; le Brood, combattant vicieux et vif, que tous les lecteurs des X-Men ont appris à redouter et qui s’est pris d’affection pour les pareils de Miek ; Hiroim le Honteux, une ancienne Ombre de Guerre, stratège placide et véritable tête pensante du groupe ; et enfin Elloe, fille d’aristocrate cherchant à reprendre sa place dans la société.

 

Et on ne s’ennuie pas une seconde : c’est riche, plein de péripéties, chargé de références historiques et ça déménage. Hulk est redevenu cette créature à la puissance phénoménale, qui se déchaîne sous nos yeux ébaubis : implacable, invincible, parfois irraisonnée. Je retrouve celui qui me fit frissonner sous la plume de Sal Buscema (bien que limité, il savait rendre l’aspect monumental de la force du colosse de jade et illustra à merveille ses combats contre le Leader et des extraterrestres croyant déjà la Terre à leur merci), un être particulier, moins simiesque et primitif qu’à ses débuts, mais plus bestial que lors de sa série illustrée par Dale Keown, l’époque du PanthéonBanner avait fusionné avec son autre personnalité. Certes, il n’y a pas non plus ce caractère gargantuesque des débordements de Medina, mais Lopresti par exemple a su représenter avec un certain courage et beaucoup de dextérité les actes de destruction massive de notre Hulk déchaîné.

 

Et Banner dans tout cela ? Il est là, bien là, tapi sous l’enveloppe épaisse de la brute, mis sous l’éteignoir ; il attend son heure et profite de ce répit : Bruce Banner, s’il est le parent pauvre de cette série, n’en demeure pas moins un rouage essentiel dans le destin du titan. Et dans le second volume de cette Monster Edition, on le verra à nouveau apparaître, fugitivement, mais dans un séquence très lourde de sens.

 

C’est franchement jubilatoire, malgré quelques facilités dans le déroulement (on sent que, parfois, l’histoire de ce monde ruiné par des guerres civiles est trop grande pour le scénariste) et la façon dont Hulk avance, à grands pas ravageurs, vers l’accomplissement de son dessein ne peut que procurer d’intenses sensations de plaisir dans l’attente du choc espéré entre celui qui porte l’espoir de nations entières et le monarque tout-puissant et invaincu d’une civilisation abâtardie. Et, je me répète, Hulk n’est pas seul : tant son leadership non désiré que ses décisions seront abondamment discutés par ses équipiers, complices dans la gloire comme dans la douleur. Le combat de Hulk, affublé de surnoms héroïques (la Balafre Verte, le Fils de Sakaar), transformera chacun d’entre eux, pour le meilleur et pour le pire. Certains y perdront leur innocence, d’autres leur intégrité ou leurs illusions, mais tous y trouveront un sens à leur existence.

 

Et Hulk trouvera plus, bien plus qu’un autre combat à mener (et à gagner !) : le respect d’une nation, la reconnaissance de sa valeur notamment dans les yeux de sa rivale la plus irascible, la fascinante Caiera.

 

Deux volumes bien denses, presque indispensables pour comprendre les rouages du cross-over orageux qui s’annonce dans nos kiosques (voir chez Grey et chez Neault).

communauté : SOIF DE LIRE...
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Jeudi 6 mars 2008

publié dans : Comics par Vance

Captain Marvel : Monstres & dieux

 

Marvel Monster Edition « Captain Marvel #1» ã Panini comics 2006

 


Héritier des bracelets quantiques que porta naguère son père Mar-Vell, Genis s’est naturellement comporté comme un héros à portée galactique, jusqu’au moment où sa « conscience cosmique » le fit basculer dans la folie. Du coup, nanti d’un pouvoir dépassant l’entendement, il est passé de justicier à dieu, s’enfermant dans une logique malsaine dont seul, visiblement, son alter ego Rick Jones avec lequel il permute, semble capable de l’en tirer. Mais jusqu’à quand ?

 


] Présentation et couverture chez Univers Marvel.


J’ai toujours aimé Captain Marvel. C’est, et d’assez loin, mon super-héros préféré. Phrase banale, aussi naïve que puérile, d’autant plus qu’elle illustre un état de fait durant depuis mes plus jeunes années où, ado idéaliste féru de SF, j’avais découvert les premiers Strange publiés par les éditions Lug qui m’avaient ouvert les portes d’un univers dont je ne suis jamais véritablement sorti. Dans ces magazines bon marché on pouvait y lire les aventures de Spiderman, facétieux héros new-yorkais aux états d’âme proches des nôtres ; Iron-Man, qui alors n’avait pas la carrure qu’il acquit par la suite sous la plume de Michelinie et les pinceaux du formidable duo Layton/Romita Jr ; Daredevil, qui m’ennuyait par des histoires manquant d’extraordinaire sous des dessins aussi sombres que peu engageants (les épisodes signés Miller allaient plus tard me faire radicalement changer de point de vue, comme quoi un héros n’est que ce qu’en font ses auteurs, n’est-ce pas ?). La quatrième histoire, après les premiers X-Men que je n’eus pas le temps d’apprécier, fut consacrée à Captain Marvel. Et là, ce furent le choc, et la révélation : des épopées cosmiques, des héros christiques, des vilains totalement charismatiques (quelle invention que ce Thanos, Titan fils de Mentor, amant de la Mort, puisant autant dans l’inspiration de la mythologie hellénique que dans les classiques de la terreur !). Les dialogues eux-mêmes, quoique souvent pompeux, exprimaient un goût certain pour le verbiage philosophique et les destins hors normes : à coups de grandes phrases maniérées, Marvel s’installait comme un personnage aussi classique dans sa conception que novateur dans son évolution. Venu en conquérant sur Terre, il avait renié sa patrie pour défendre notre planète, avant de se voir catapulté protecteur de l’Univers par les bonnes grâces d’entités quasi-divines. Tout, de son élégance naturelle à l’expression de ses pouvoirs (ce vol gracieux souligné d’une traînée d’étincelles, ces rafales photoniques et cette conscience cosmique qui se traduisait – et se traduit toujours ! - par une forme d’harmonie avec l’univers, le visage devenant le reflet de l’espace intersidéral…) me fascinait. Or, Marvel, déjà à cette époque, ne pouvait exister sur notre plan que pendant un laps de temps limité, car il partageait son existence avec celle de Rick Jones, ce jeune que le destin a placé sur la route de personnages aussi incontournables que Hulk ou Captain America.

Et puis j’oubliais Starlin, Jim Starlin, l’artiste qui acheva de faire de Captain Marvel, par le biais de la « saga du Cube cosmique », un super-héros inégalable à mes yeux. J’aimais ce personnage, j’adorais ses histoires, j’admirais les êtres étranges qu’il rencontrait, de Drax le Destructeur à Eon, en passant par les Titans ou l’Intelligence suprême… et puis Thanos, mince, dont je ne vis en Darkseid (vous savez, le souverain d’Apokolips qui a affronté Superman – pour les amateurs, veuillez excuser mes faibles connaissances du monde de DC, je n’en ai pas lu grand chose après Crisis on infinite Earths) qu’un avatar mal dégrossi.

Captain Marvel était mon super-héros préféré.

Il est mort figurez-vous. Dans une histoire publiée en un album mémorable, Marvel affronte un ennemi qu’il ne pourra vaincre : le cancer. J’en pleure encore.

Bien sûr, nombre de héros marvelliens ont été régulièrement ressuscités, parfois pour le meilleur mais souvent de façon maladroite. Mar-Vell, lui, peut-être par respect pour ce personnage à part, ne l’a jamais été jusqu’à récemment.

Mais il eut un fils.

Genis, qu’il s’appelle. Grand, costaud, beau gosse, il sera pris en charge par un duo d’artistes talentueux qui le propulseront nouveau protecteur cosmique à travers une succession de péripéties hésitant entre loufoquerie et drame. Résumer sa pourtant courte carrière serait une gageure, mais une chose est certaine : il est lui aussi lié à Rick Jones. Ce dernier l’initiera au « métier » de super-héros et Genis, après avoir endossé l’identité de Legacy, revendiquera le surnom de feu son père. Seulement, son caractère est loin d’être le même : instable et impulsif, il a suivi une éducation plutôt hédoniste (je fais court) et même l’influence de Rick ne parvient pas à faire de lui l’égal de ce que fut Captain Marvel. D’autant que les dangers qu’il affronte sont grands. Jusqu’au jour où il se fera manipuler par des entités omnipotentes qui « boosteront » ses pouvoirs, au point qu’il devient conscient des futurs possibles et des tragédies passées. De quoi devenir fou. Et plusieurs fois.

C’est ici que commence notre album. Genis a récupéré le vieux costume de son père, lorsqu’il était officier kree (très classe finalement, dans les tons vert et argent) et canalise son énergie au travers d’un pistolet. Il écoute de moins en moins les plaintes de Rick, isolé dans le microvers, qui se désole de la tournure que prend la mission divine de Genis, car ce dernier s’est mis en tête de devenir redresseur de torts à l’échelle de l’Univers. Totalement imbu de sa propre puissance, qui l’hypnotise et le terrifie à la fois, il ira jusqu’à braver Thor seigneur d’Asgard, avant de tester sa justice immanente en s’associant avec un psychopathe réchappé miraculeusement de la chaise électrique, s’autoproclamant juge devant un Spiderman ébahi. C’est là que Jones va péter un câble et le rappeler à l’ordre. Genis, fatigué par l’attitude réprobatrice de son alter-ego, le suicidera, tout en se moquant des représentants des quatre races les plus représentatives de la Galaxie (Krees, Skrulls, Rigelliens et Shi’Ars) décidés à tout faire pour l’arrêter…

12 épisodes de la série regroupés en trois arcs (Monster & Gods, 2 volets ; Coven, 4 volets ; Crazy like a fox, 4 volets) et quelques one-shots, le tout dans une Monster Edition qui nous propose en outre de très belles couvertures originales. C’est le grand Peter David qui est aux commandes : l’ancien et respecté scénariste inamovible de Hulk ne s’embarrasse pas de simplicités narratives : ça paraît souvent confus, mais on se régale des situations dans lesquelles se plonge Genis, de ses réflexions remettant en cause jusqu’aux fondements de l’éthique humaine et le principe de la Justice et de quelques duels impressionnants où le fils de Mar-Vell fait étalage d’une puissance impressionnante. David excelle aussi dans ces moments où la folie de Genis reprend le dessus, plongeant le lecteur dans un abîme de perplexité dans lequel il ne parviendra que difficilement à distinguer le réel de l’illusoire : car Genis est moins un être vivant qu’un concept brisant les barrières du temps, né adolescent d’un fragment d’ADN, héros malgré lui et profondément conscient de son pouvoir. Des réalités alternatives surgies de son passé ressurgiront de vieux démons qui lui paraîtront tout à fait réels : il se découvrira une sœur qui elle-même le dépouillera de son statut de Captain Marvel.

Un voyage palpitant, parfois embrouillé, totalement jubilatoire et servi par des dessinateurs de talent (dont Kyle Hotz et Michael Ryan), qui nous mènera aux lisières de sa folie et nous fera prendre conscience de ce que sont les « vraies » responsabilités liées à un grand pouvoir. On regrettera que le résumé fourni en sommaire soit aussi peu précis, les données sur les épisodes précédents ne permettent pas de profiter pleinement du scénario très touffu. Mais pour qui aime, c’est un délice.

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