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Une vie de blog

Dimanche 15 novembre 2009 7 15 11 2009 16:36

Publié dans : Une vie de blog - Par Vance

Une chronique de Vance

 

A mon tour d’entrer « dans la peau de Steven Soderbergh », comme l’avait titré Niko, l’un de nos plus fervents contributeurs. Il s’agit donc de répondre à son appel (du pied) pour continuer une chaîne qui a fait le tour des blogs les plus cinéphiles du moment.

Ca n’a pas été facile du tout.

Comme si ça pouvait couler de source…

Voyons voir…

 

Le film que vos parents vous ont empêché de voir?

 

Mes parents ont sans doute dû plusieurs fois m’indiquer la direction de la chambre lors de la diffusion en deuxième partie de soirée d’un film moins « tous publics ». Néanmoins, je n’ai pas le souvenir d’un titre en particulier. Mon père adorait les péplums, et j’ai bien dû voir une dizaine de fois Quo Vadis ou Barabbas. Ma mère avait une passion inexpliquée pour John Wayne (juste derrière Steward Granger) et les deux aimaient beaucoup les comédies populaires. Le cinéma à la maison, c’était plutôt ça. Je me souviens toutefois d’un soir où un film passait sur l’écran alors qu’on recevait des invités ; peut-être un film de Claude Sautet, mais je suis sûr qu’il y avait Romy Schneider. Elle se livrait à une scène de séduction extrêmement équivoque qui a choqué ma mère (mais pas le compagnon de l’actrice qui restait de marbre – Piccoli ? Ca reste flou en tous cas…). Résultat : les enfants ont été vivement encouragés à jouer dans les chambres.

Une scène fétiche ou qui vous hante ?

 

La fin d’Excalibur, incontournable, avec le crescendo des Funérailles de Siegfried de Wagner et cette image du bateau emportant le corps d’Arthur vers Avalon au soleil couchant…

Mais je ne puis passer sous silence la scène d’adieux du Cercle des poètes disparus : elle est tellement chargée de sens pour moi, elle me parle directement, au fond de l’âme et ne me laisse jamais intact.

Vous dirigez un remake : lequel ?

 

Ouh là ! Il faudrait pour cela que je conçoive que le remake est obligatoire – donc que le matériau original puisse s’améliorer. Un bon film mais qui aurait mal vieilli ? Ce n’est pas que j’aie les remakes en horreur (il y en a eu d’excellents, surpassant même – mais rarement – les originaux), mais le principe me gêne. Faire un remake d’un film qu’on aime, ce n’est pas lui rendre hommage, mais tenter de prouver qu’on puisse faire mieux (sinon à quoi bon ?). Ah mais, tiens, un remake d’I Robot qui serait plus dans l’esprit d’Asimov, là oui ! Je signe.

Le film que vous avez le plus vu ?


Les multiples diffusions télé font que certains films me semblent difficiles à battre : ça va des Goonies aux Sous-Doués en passant par les 7 Mercenaires, Kramer contre Kramer, Un éléphant, ça trompe énormément et la Grande Evasion. Au cinéma, c’est le Retour du Jedi que j’ai vu le plus de fois (11, dont parfois 2 fois le même jour !). Cette performance sera difficile à battre en salles. Sinon, dans mes lecteurs, Labyrinthe, Commando, le Meilleur, Cendrillon et surtout Excalibur.

 


 



Qui ou qu'est-ce qui vous fait rire ?

 

Je n’ai pas une sensibilité particulière pour un genre de comique. Je me souviens des fous-rires inextinguibles avec mes frères quand on était tombés sur Hellzapoppin’ ou un film des Marx Brothers. Le nonsense des Monty Python fait aussi souvent mouche. Certaines situations de Un éléphant, ça trompe énormément continuent à me faire marrer, tout comme Choco qui raconte sa bouteille de faux vomi dans les Goonies ou Bourvil qui se plaint de la taille de ses chaussures dans la Grande Vadrouille (et la tête qu’il fait lorsqu’il pète une boule puante dans le Cerveau). Bill Murray dans Ghostbusters (« C’est le salaud qui m’a tout englué ! »). Jim Carrey dans Bruce tout-puissant. Jean Dujardin dans ses OSS 117. Le duo Bacri-Chabat dans Didier. Buster Keaton.

Votre vie devient un biopic...

 

Non. A moins que le scénario soit de Broots et la mise en scène de TWIN, dans une production Cameron. On peut toujours rêver. Ils réussiraient peut-être à en faire un film regardable.

Sinon, j’adorerais qu’on raconte la vie de certains de mes personnages/avatars créés pour des jeux de rôles : Vance, le faux médium mais vrai élu ; Sean, le journaliste-écrivain qui a voyagé dans les dimensions et le temps ; Abe, le fils d’Indien qui traque les sectataires et autres cultistes (hé hé !) ; Josh, l’héritier et ancien sherpa, directeur d’une agence secrète de lutte contre les sbires de Cthulhu ; Thorm, l’extraterrestre à peau bleue qui opère comme Messager Galactique ; Szam, le mercenaire désabusé au service de l’Alliance Rebelle ; Ephram, le prêtre-sorcier de l’Empire du Nil ; Isaac, le charmant œnologue agent du MI-6 ; et bien d’autres…

Le cinéaste absolu ?

 

Stanley Kubrick. Personne d’autre ne peut me faire dire qu’il a atteint une forme de perfection dans son art – en dépassant même parfois les limites.

Le film que vous êtes le seul à connaître ?

 

Pendant longtemps, je gardais précieusement une VHS sur laquelle était enregistré un de mes films préférés, qui ne passe qu’exceptionnellement à la TV : le Meilleur, signé Barry Levinson avec Robert Redford. Etrangement, je me suis aperçu que personne ne le connaissait, même parmi ceux qui aimaient le cinéma. Je pense en revanche qu’aux USA, au vu des nombreuses citations qu’on retrouve dans les films ultérieurs ou surtout dans les séries TV (des Simpson  à Madame est servie), il fait partie du patrimoine.

Une citation de dialogue que vous connaissez par cœur ?


 

Au nom du Tout-Puissant, de Saint-Michel et de Saint-Georges, je te fais chevalier. Ou bien :

Tu as brisé… ce qui ne peut être brisé. Le rêve… est brisé. Ou encore :

L’avenir a pris racine dans le présent. Ou :

Quel est le Secret du Graal ? Qui sert-il ?

La solennité dont sont empreintes les paroles du film Excalibur m’a toujours profondément touché, et séduit.  


L'acteur que vous auriez aimé être?

 

Je ne sais pas. James Stewart ? Ou Hugh Jackman. Pour des raisons radicalement différentes.

Le dernier film que vous avez vu? Avec qui? C'était comment?

 

J’ai cédé à la tentation du cycle Hitchcock sur Arte avec les 39 Marches. Un film que je croyais connaître… et en fait, non. Il m’a beaucoup plu, même si certaines transitions manquaient de justesse et que l’ensemble tirait en longueur. Beaucoup d’humour décalé, cet understatement très spécifique qu’il revendique (notamment dans ses entretiens avec Truffaut), et une très belle scène puissamment érotique lorsque la jeune femme, liée à son ravisseur par des menottes, enlève ses bas et ne peut empêcher ses mains à lui de frôler ses jambes…

Un livre que vous adorez, mais impossible à adapter?

 

Hypérion. Fondation. Adapter ce genre de livres univers, c’est forcément aller vers l’amoindrissement.

Quelque chose que vous ne supportez pas dans un film?

Je m’aperçois en rédigeant ça que je réagis souvent comme Niko. Là aussi, je suis d’accord avec lui : je déteste les scènes trop ouvertement explicatives, où l’un des personnages se mue en pédagogue pour que les spectateurs puissent comprendre les motivations et les buts de chacun des protagonistes. Quand Xavier rencontre Magneto au début de X-Men, on en a un aperçu flagrant, qui défigure un peu ce film (il y aurait gagné à être plus suggestif). Parfois, c’est nécessaire, mais les moyens pour y parvenir au cinéma sont tellement variés qu’on peut se passer d’un dialogue creux et artificiel. Je préfère de loin le discours des symboles.


Le cinéma disparait. Un épitaphe ?

Né dans la Lumière, berceau d’étoiles et source d’illuminations.

Qui tagues-tu à ton tour ?


J'aimerais que mes compagnons du Groupe (Broots, Nico, TWIN et Jennifer) se prêtent au jeu, aijnsi que tous les généreux contributeurs du Palmarès qui n'ont pas été abordés par Niko.


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Lundi 2 novembre 2009 1 02 11 2009 11:05

Publié dans : Une vie de blog - Par Vance

Je profite d’un peu de temps libre pour faire ce tag gentiment proposé par Cachou. Plongé dans les lectures comme je le suis actuellement, il me semblait que c’était le bon moment.


1. Si on vous proposait d’écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre ? (eh oui, tout le monde n’a pas un don pour la littérature)

 - Je ne prendrais personne. Non mais ! D’abord, et même si j’estimais ne pas savoir écrire, je ne me vois pas demander à quelqu’un de le faire A MA PLACE. Quand bien même cette hypocrisie serait imposée par l’éditeur.

2. Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d’un livre, celui qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver depuis une centaines de pages… Lorsque survient… allez, soyons fous, Scarlett Johansson en bikini ! Elle a l’air triste. Elle a une petite douleur à l’épaule, et est persuadée qu’un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous ? 

- Oui. Oui, oui, je vois. Scarlett, hein ? Eh bien… elle ATTENDRA ! Non mais ! Je lui demanderai, en grognant et sans quitter le livre des yeux, de s’asseoir gentiment et d’attendre en silence. Ou de préparer le matériel nécessaire, les huiles essentielles, les serviettes douces, la lumière tamisée voire une musique appropriée (en général la musique ne me dérange pas quand je lis). Et d’attendre que j’ai fini.

Maintenant, si c’est Jennifer Connelly, ou Natalie Portman, eh bien, euh… allez, mon bon cœur me perdra ! 

 


3. C’est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l’humanité ?  

- Pas facile, ça. Il faudrait demeurer assez objectif pour trouver un livre-somme, un livre qui résume à lui tout seul ce qu’il faut conserver de notre espèce. J’aurais bien aimé mettre Hypérion, ou Fondation : ils honorent leurs auteurs et l’humanité à travers eux. Dans cette façon de se projeter dans un avenir où les hommes, malgré leurs défauts, perdureront, établissant un Empire, répèteront d’abord (mais à grande échelle, cosmique celle-là) leurs erreurs avant de s’effondrer et de repartir de l’avant, oui, ils feraient un bien beau don à ceux qui en retrouveront la trace. Là encore, la science-fiction montre sa supériorité face aux autres genres littéraires, ses capacités d’adaptation et d’expansion et… mais je m’égare, ce n’est pas l’heure de gloser.


4. Quelle est pour vous la pause lecture idéale ?  

- Hmmm… depuis peu, je goûte à la joie ineffable de m’enfoncer dans un fauteuil (donné par de très chers amis) qui remplit très bien sa fonction dans mon nouveau salon, face à mon coin cinéma, ses étagères emplies de DVD et blu-rays juste à côté d’une partie de la bibliothèque (celle avec les livres grand format). L’atmosphère est agréable, la luminosité bonne. Après un repas et un épisode d’une bonne série (Dr House en ce moment), cela remplace avantageusement l’heure de la sieste. Mais le soir, avant de s’endormir, à moitié sous la couette, le dos calé par un bean bag, le chat pelotonné là, tout près de nos cuisses, diffusant sa chaleur, sa confiance et ses ronronnements, c’est également un moment de pure magie tranquille propice à la lecture.

Mais en fait, un bon livre se lit partout. Quand je vais en consultation chez le médecin, je m’arrange pour arriver très tôt : la pénibilité de l’attente disparaît quand on emporte son livre… Pareil pour le cinéma (mais j’en ai déjà parlé ailleurs).

5. Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui ?  

- Je cale. Effacer un méchant, c’est empêcher le gentil d’accomplir son destin, non ? Pensez à la conclusion de Incassable : le héros n’est rien sans sa Némésis, son contraire, celui qui lui donne une raison d’exister en tant que héros. J’ai vraiment détesté le personnage du prince Jean dans le Monde du Fleuve : sa perfidie n’a que peu d’égale dans le monde des livres. Il a brisé, et plusieurs fois, le destin de ceux qui luttaient pour accomplir une mission sacrée, qui dépassait les limites de la condition humaine, usant de toutes les manœuvres les plus viles, de toutes les pires bassesses pour parvenir à ses fins égoïstes et mesquines. Il a transformé une noble quête en vendetta, gaspillant les ressources d’un monde. Mais, à son aune, les survivants en sont sortis grandis, bien que pleurant les nombreuses pertes occasionnées par l’acharnement de cet être infâme.

Alors effacer un personnage mineur, inutile ? Peut-être, mais ceux-là ont le mérite de ne pas rester dans les esprits. On aurait pu ôter la mention de la jolie Zarozinia, qui n’apporte pas grand chose au mythe d’Elric (et à l’amour absolu qu’il portait à Cymoril). Mouais… je ne suis pas convaincu.


6. Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?

- Non. Je m'en fiche complètement à vrai dire.


7. Jusqu’où êtes-vous allé pour un livre ? 

 - Alors là ! Je ne me souviens pas avoir fait des sacrifices inouïs pour acquérir un livre précis. J’en ai reçu de somptueux en cadeau sans que j’aie eu besoin de me prostituer… Sinon, il m’est arrivé de passer une nuit blanche pour finir un livre. Je travaillais le lendemain, inutile de vous dire que les élèves ont passé beaucoup de temps dans la cour de récré… (oui, vous pouvez me houhouter, je le mérite).

 8. Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur. Ce serait qui ? Quelles seraient vos toutes premières paroles ? 

- Asimov. Avant qu’il ne meure. « Docteur, avec vous je suis entré en science-fiction comme on entre en religion. Je voulais vous remercier. » Ouais, je ne me la jouerais pas Harlan Ellison lors de la fameuse Convention au cours de laquelle il avait rencontré le Bon Docteur et, surpris par son apparence tout à fait humaine – bien loin de l’aura que sa célébrité semblait lui prêter (il s’attendait, de son propre aveu qu’on peut lire dans le prologue au formidable recueil Dangereuses Visions, à un « ordinateur vivant, un Conan avec la ruse de Lije Bailey ») – il lui avait dit : « C’est bien vous, M. Asimov ? Eh bien vous êtes un… rien du tout. » Je n’aurais pas l’impertinence d’une adolescence adoratrice, juste le profond respect que l’on doit à un maître à penser.

 


9. Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.

 - Ce serait une grande pièce, haute de plafond. Parquet au sol, parfaitement ciré, dans des tons miel à l’image des boiseries des étagères recouvrant tous les murs. Et des centaines de livres, rangés, soigneusement alignés, d’autres ouverts sur un lutrin, d’autres encore empilés sur une table, attendant une reliure. Un fauteuil Chesterfield dans un angle, sous une belle lampe en laiton. Le bois respire, il grince parfois. Les livres vivent. Une odeur délétère, mélange de vieux cuir et d’encens légers, une odeur de sainteté. Un temple, une cathédrale dédiée à la lecture. Dans l’aile d’un château aux murs épais et aux tours élancées…

On peut toujours rêver.

 10. Vous retournez dans le passé, en pleine 2ème guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu’il arrête de cramer des bouquins ?

 - Farenheit 451. Ou, mieux, le Maître du Haut Château de Dick. Il s’y verrait, lirait ce qui aurait pu être. Et comprendrait peut-être un peu de sa folie inhumaine.

 

J’en profite pour taguer d’autres lecteurs au profil très différent : Satine, Cultiste et Wade.

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